D’une pierre deux coups pour voir dans le corps
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Jeudi, 29 avril 2010
Un nouvel appareil prototype est inauguré aujourd’hui aux Hôpitaux universitaires de Genève: il réunit dans la même pièce deux techniques d’imagerie médicale, l’IRM et le PET-Scan. Les images donneront des informations à la fois sur l’activité métabolique des organes et sur le fonctionnement biochimique des tissus
De loin, on dirait un toboggan conçu pour un parc d’attractions. Deux grands anneaux placés à 3 m l’un de l’autre, entre lesquels coulisse un lit où s’allonge le patient. Le dernier appareil acquis par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), inauguré aujourd’hui, réunit deux techniques d’imagerie médicale réputées incompatibles, l’IRM qui fait appel à la résonance magnétique, et la tomographie par émission de positons (PET). Il n’en existe que deux prototypes dans le monde, l’autre étant à New York.
Osman Ratib, médecin-chef du service de médecine nucléaire aux HUG, se prend à rêver: le PET-scan IRM est prédestiné aux domaines de l’oncologie (cancers du sein et du petit bassin), de la neurologie (maladie d’Alzheimer, épilepsie), de la cardiologie, ou des maladies infectieuses et inflammatoires. L’avantage pour le patient? Un gain de temps: les examens par IRM et PET-scan nécessitaient jusqu’à présent deux appareils différents. Pour le médecin, l’intérêt se situe dans la superposition parfaite des clichés, le patient effectuant les deux examens sans se replacer. En théorie, la lecture des images devrait être plus riche: elles donneront des informations à la fois sur l’activité métabolique des organes et sur le fonctionnement biochimique des tissus.
Prémices de la méthode
Mais ce double décryptage sera-t-il aisé dans la pratique? Cela reste à prouver. «Nous n’en sommes qu’aux prémices du PET-scan IRM, dit Daniel Slosman, directeur médical de l’Institut de médecine nucléaire de la Clinique Générale Beaulieu. Pour trouver des applications qui permettront d’amortir l’appareil [6 à 7 millions selon le Pr Ratib, ndlr], il faudra ratisser large dans les domaines de l’oncologie et des maladies neurovégétatives.» Par ailleurs, on continuera à effectuer des examens distincts avec ce scanner hybride, puisque les patients n’ont pas toujours simultanément besoin d’un PET-scan et d’un IRM.
Francesca SACCO

