L’ordinateur rend malade!
Le syndrome de stress informatique a été identifié aux Etats-Unis. Il peut même conduire au burn-out.
Cela n’a rien d’une blague. Les pannes d’ordinateur, leur lenteur au démarrage ou pendant les téléchargements conduisent à un nombre croissant de cas de «syndrome de stress informatique». Une nouvelle maladie découverte par le très sérieux Chief Marketing Officer Council, une organisation qui regroupe 4500 directeurs marketing de 70 pays, sur la base d’une étude menée en Amérique du Nord auprès de plus de 1000 personnes.
Les crises d’anxiété sont aux rendez-vous pour près des deux tiers des utilisateurs d’ordinateurs (64%), révèle l’enquête. Des utilisateurs qui souffrent durement des lenteurs d’un objet dont ils avouent par ailleurs ne plus pouvoir se passer. Quant aux dépanneurs, ils en prennent pour leur grade: leurs interventions sont jugées trop lentes et bien trop chères.
Panique immédiate
Pour mieux situer le tableau, 75% des personnes interrogées ont perdu des heures ou plus par année avec divers problèmes liés à leur ordinateur. Près de la moitié d’entre eux disent même être confrontés quotidiennement aux caprices de leur outil électronique. Parmi les facteurs aggravants, l’étude cite cinq impacts qui font grimper le niveau de stress: l’interruption du travail ou d’un jeu, la perte de données importantes, les connexions interrompues et les difficultés rencontrées parfois lors des achats en ligne. «Quand ils fonctionnent bien, les ordinateurs sont formidables. Mais quand quelque chose ne va pas, nous paniquons tout de suite – c’est ce que j’appelle le syndrome du stress informatique», précise de Dr Murray Feingold, qui a participé à l’enquête.
Pour le Dr Luc-David Henchoz, spécialiste en médecine interne, les crises dues à un ordinateur ne sauraient être prises à la légère. «Ce type de stress engendre de grandes fatigues qui se répercutent sur l’état de santé du patient. Il devient plus irritable mais aussi plus vulnérable.» La suite est connue. «Dans tous les métiers à stress, des maladies cardiovasculaires peuvent apparaître.» Mais le médecin lausannois voit aussi une autre conséquence au stress de l’ordinateur. «Sur des sujets prédisposés, il peut favoriser l’apparition d’un burn-out.»
Le but de l’enquête américaine consiste à jeter les bases afin de trouver un moyen de rendre les appareils actuels moins frustrants. Mais l’étude a aussi mis en évidence le fait que 94% des personnes interrogées s’en remettent à des ordinateurs dans leur vie personnelle. En clair, le syndrome du stress informatique ne va pas les empêcher de pianoter sur leur clavier, même si leur santé en prend un coup.
Victor Fingal

