L’homéopathie bientôt remboursée?
Les médecines complémentaires pourraient à nouveau prochainement figurer dans le catalogue des prestations remboursées par l’assurance maladie de base. «Avec l’approbation massive, le 17 mai 2009, de l’article constitutionnel «Pour la prise en compte des médecines complémentaires», un pas décisif a été franchi», a indiqué hier Luc Recordon.
A entendre le conseiller aux Etats (Verts/VD), qui préside par ailleurs l’Association romande pour le développement et l’intégration des médecines complé mentaires (RoMédCo) créée dans la foulée de la victoire, la décision de Berne pourrait même tomber cette année encore. C’est ce qu’aurait laissé entendre le conseiller fédéral Didier Burkhalter lors d’une rencontre ce printemps. Le ministre de la Santé, qui était personnellement favorable à l’initiative, s’est semble-t-il montré ouvert à la prochaine réintégration des cinq méthodes (médecine chinoise, phytothérapie, homéopathie, thérapie neurale, médecine anthroposophique) rayées en 2005 de l’assurance maladie de base. A condition qu’elles remplissent les conditions posées par la loi à un remboursement: efficience, adéquation, économicité.
Dans l’attente du résultat des examens en cours, les défenseurs des médecines disent avoir trouvé auprès du nouveau ministre un accueil beaucoup plus chaleureux qu’auprès de Pascal Couchepin.
La ligue de santé RoMédCo
Mais la RoMédCo n’entend pas s’arrêter là. Regroupant des médecins, des thérapeutes et d’autres partisans des médecines complémentaires, elle se lance dans des activités de lobbying politique, d’information au public et de récolte de fonds. «Il est décisif pour la reconnaissance et l’ancrage des médecines complémentaires de pouvoir financer des recherches», a souligné Luc Recordon.
Cours d’introduction aux médecines complémentaires
A cet effet, les relations avec les milieux scientifiques et académiques revêtent une importance capitale. La RoMédCo a donc frappé à la porte des conseillers d’Etat vaudois Pierre-Yves Maillard et Anne-Catherine Lyon en charge de la Santé et de la Formation. Premier résultat, la Faculté de médecine de Lausanne a dispensé ce printemps un cours d’introduction aux médecines complémentaires. Une formation plus poussée est à l’étude au niveau postgrade. L’idée est de proposer une option similaire à celles fournies à Berne et Zurich qui ont des chaires ad hoc depuis une décennie au moins. Les choses sont moins avancées à Genève, dont la Faculté de médecine dispose en revanche de spécialistes très affûtés en pharmacologie alternative.
Laurent AUBERT

