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Règles plus souples pour la fécondation in vitro

Tribune de Genève, tdg.ch
Jeudi, 27 mai 2010

Procréation : Le Conseil fédéral veut autoriser le diagnostic préimplantatoire, mais à des conditions très strictes. Seuls les couples ayant de graves risques génétiques pourront y avoir recours.

Les quelque 50 à 100 couples concernés chaque année devront encore patienter. Le chemin qui s’ouvre jusqu’à l’autorisation du diagnostic préimplantatoire s’annonce délicat. Et Berne ne brusquera pas les esprits. Après une première consultation très mitigée, le projet de modification de la Loi sur la fécondation in vitro sera entièrement revu. Peuple et cantons devront donc se prononcer. Ce ne sera pas avant 2013.

Questions éthiques profondes

Didier Burkhalter ne s’en est pas caché: le dossier pose «des questions éthiques profondes». Autant dire que les adaptations aux techniques déjà pratiquées à l’étranger en matière de fécondation in vitro se feront dans un cadre extrêmement strict. Ainsi, le recours au diagnostic préimplantatoire (DPI, examen effectué sur un embryon avant son implantation dans l’utérus de la femme) sera ouvert aux seuls couples ayant un risque élevé de transmettre une maladie génétique grave. «Entrent dans cette catégorie des maladies susceptibles de se déclarer avant 50 ans et pour lesquelles on ne dispose d’aucun traitement approprié et efficace», précise Andrea Arz de Falco, de l’Office fédéral de la santé publique.
Pas question donc d’utiliser le DPI pour le dépistage général des malformations génétiques. Et pas question non plus d’autoriser cet examen pour créer des bébés médicaments, soit des embryons à même de faire don, une fois nés, de tissus ou de cellules à un frère ou une sœur malade. «Nous avons un devoir de protection de l’embryon contre les sélections abusives. Et nous devons défendre la place des personnes handicapées dans notre société», estime le ministre.

Embryons conservés

Autre percée en matière de fécondation in vitro: aujour­ d’hui, seuls trois des 4 à 15 ovules produits par la femme après stimulation ovarienne peuvent être fécondés. Une règle qui sera assouplie pour les couples ayant recours au diagnostic préimplantatoire. Enfin, la conservation des embryons sera autorisée dans toutes les situations. La Suisse s’alignera donc sur les pratiques internationales, alors qu’elle exige aujourd’hui que tous les embryons produits soient implantés, avec le risque pour la mère de développer des grossesses multiples.
«Pour certains, nous n’allons pas assez loin; pour d’autres, nous allons trop loin, c’est sans doute le signe d’un projet équilibré», estime Didier Burkhalter.
Judith MAYENCOURT