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Toute une classe décimée


Jeudi, 27 mai 2010

A Baar (ZG), une élève de 12 ans a contracté la grave maladie et l’a transmise à seize camarades.

Dans un premier temps, les médecins penchaient pour une pneumonie. Mais des tests et une radiographie ont levé les derniers doutes: une élève de Baar (ZG), 12 ans, originaire des Balkans, souffre de la tuberculose, une maladie, en principe, éradiquée en Suisse. La fillette est soignée actuellement à l’Hôpital de Zoug.
«Nous ne savons pas exactement comment l’enfant a contracté la maladie, souligne Rudolf Hauri, médecin cantonal. Elle vit depuis longtemps en Suisse, mais cela n’exclut pas qu’elle ait contracté le bacille de Koch, responsable de la tuberculose, à l’étranger: cette maladie met parfois des décennies avant de se déclarer.»

Le traitement s’étale sur six mois
Une certitude pourtant, et les premiers tests qui se sont révélés positifs le prouvent, l’élève a contaminé seize de ses camarades de classe. «Ils sont porteurs de la maladie, sauf que cela ne signifie pas obligatoirement qu’ils vont la développer», poursuit le médecin. Il n’empêche, le traitement pour tous les enfants de la classe est très lourd. «La fillette, comme les autres élèves, devra prendre des antibiotiques sans interruption pendant six mois.»
Certes, la tuberculose est une maladie qui se soigne actuellement plutôt bien, mais ceux qui la négligent risquent la mort. Selon l’Office fédéral de la santé, pas moins de 500 personnes sont infectées chaque année en Suisse par le bacille de Koch. Et les symptômes ne sont pas toujours évidents à différencier d’une grippe: fièvre, toux, perte d’appétit. Les crachats jaune-vert et éventuellement des douleurs dans la poitrine ne sont pas non plus des symptômes uniques, propres à la tuberculose.
Pire, cette maladie, dite romantique jusqu’à la fin du XIXe siècle, parce qu’elle touchait souvent les poètes, les écrivains et les musiciens, attaque aussi d’autres organes que les poumons. Elle peut se manifester comme une cystite rebelle, se loger dans le cœur, les ganglions, les reins et les os – où elle se planque de préférence dans la colonne vertébrale – sans parler des cas de méningites qu’elle peut provoquer.
«La tuberculose est parfois très résistante aux médicaments, poursuit Rudolf Hauri. Dans ces cas, le traitement astreignant à différents antibiotiques doit se poursuivre sans discontinuer pendant deux ans.»

La tuberculose revient avec le sida
Avec la découverte des antibiotiques, la tuberculose disparaît progressivement d’Europe dès les années 1950, mais l’immigration et l’augmentation des voyages dans des pays où l’épidémie sévit encore provoquent de nouvelles flambées depuis une vingtaine d’années. «De plus, l’apparition des maladies immunodéficientes, comme le sida, a permis à la tuberculose de se répandre chez des sujets qui normalement ne l’auraient pas développée», explique encore le médecin cantonal. Des personnes du troisième âge sont aussi parfois frappées par la tuberculose quand leur système immunitaire se dégrade.
Victor FINGAL

 

Une vaccination remise en cause
Les vaccinations étaient obligatoires dans les années 1950 avec la découverte du BCG (bacille de Calmette et Guérin) issu d’une souche vivante atténuée du bacille de Koch.

Mais le BCG s’est révélé guère efficace sur l’adulte. De plus, avec la résistance croissante de la tuberculose aux médicaments, l’obligation de vacciner a été progressivement abandonnée. Aujourd’hui, l’Office fédéral de la santé publique recommande uniquement la vaccination aux sujets qui se rendent dans un pays où l’épidémie sévit encore. «L’autre inconvénient du BCG, révèle Rudolf Hauri, médecin cantonal de Zoug, il peut fausser les résultats des tests à la tuberculine.»

En clair, un sujet qui réagit positivement à la tuberculine n’est pas forcément tuberculeux: il a peut-être été simplement vacciné contre la tuberculose…