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Primes salées outre-Sarine

Tribune de Genève, tdg.ch
Lundi, 28 juin 2010

LAMAL L’automne s’annonce chaud sur le front de l’assurance maladie. Pour la première fois, les primes d’un grand canton alémanique, Berne, pourraient dépasser celles des Romands.

Pauvres Bernois! Les habitants du grand canton majoritairement alémanique pourraient passer un bien mauvais quart d’heure cet automne à l’annonce des primes d’assurance maladie 2011. Selon des estimations publiées hier par le SonntagsBlick , la prime mensuelle moyenne pourrait atteindre 452 francs. Berne se classerait ainsi au second rang des cantons les plus chers, juste derrière Bâle-Ville (466 francs) et devant Genève (440 francs) qui a longtemps porté le bonnet d’âne.
De manière générale, les chiffres du journal dominical prédisent des hausses supérieures à 10% pour tous les cantons alémaniques. A l’exception de Bâle-Ville (+8,6%) et de Zurich (+9,4%), dont les primes sont de toute façon nettement supérieures à la moyenne nationale. A l’inverse, les primes des cantons romands devraient subir des hausses à un seul chiffre, sauf en Valais (+10,5%).
L’évolution générale est similaire à celle observée l’automne dernier pour les primes 2010. Elle s’explique par les réserves insuffisantes détenues par les caisses dans de nombreux cantons alémaniques, qui doivent être ramenées au niveau fixé par la loi.

Réserves et coûts

Autre paramètre influant sur les primes, la hausse des coûts ne peut pas expliquer à elle seule l’explosion annoncée en Suisse alémanique. Selon le Monitoring de l’évolution des coûts de l’assurance maladie, Berne a enregistré une augmentation de ses coûts de 6,4% au premier trimestre 2010. Un chiffre similaire à celui du canton de Vaud (6,8%) qui devrait voir ses primes grimper de 5,9% en moyenne à 413 francs. Différence de taille, les caisses actives dans le canton de Vaud disposent, pour la plupart, de réserves très confortables. Il en va de même à Genève.
Le SonntagsBlick se base sur un document prévisionnel de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Il ne s’agit donc pas des primes définitives qu’il doit encore approuver après préavis des cantons. En outre, l’OFSP dispose d’une certaine latitude pour amortir le choc sur les assurés, par exemple en ralentissant le rythme de reconstitution des réserves.
Il peut aussi appliquer avec plus ou moins de rigueur l’obligation légale de fixer des primes qui couvrent les coûts. Ces dernières années, certaines caisses ont allégé la facture de leurs assurés en transférant des bénéfices des assurances complémentaires vers l’assurance obligatoire. Cette pratique a été tolérée par l’OFSP puisqu’elle était en faveur des assurés. Elle a eu néanmoins pour effet de faire baisser artificiellement le niveau des primes, en particulier de celles de certaines caisses bon marché.
LAURENT AUBERT