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Le radon, cet ennemi invisible et mortel


Mardi, 29 juin 2010

Santé La Confédération pourrait abaisser le taux de concentration maximum autorisé de ce gaz radioactif. Cela pourrait entraîner l’assainissement de 50 000 à 100 000 bâtiments

Inodore, incolore, insipide. Pourtant, il tue. Le radon, ce gaz radioactif issu de la désintégration naturelle de l’uranium, est, avec 300 cas par année en Suisse, la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac.
Récemment, l’Organisation mondiale de la santé a abaissé le taux de concentration maximum autorisé de ce toxique qui se trouve dans les roches et dans les sols et peut s’infiltrer dans les maisons via les sous-sols.
La Suisse pourrait aussi faire passer de 1000 becquerels à 300 becquerels par mètre cube le seuil maximal. «La limite de 1000 becquerels par mètre cube (Bq/m³) se base sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) édictées en 1993 concernant l’exposition au radon dans les habitations, extrapolée à partir d’études épidémiologiques chez les mineurs d’uranium, explique Martha Gruson, de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les études réalisées entre-temps dans l’habitat ont montré que les risques avaient été sous estimés. L’année dernière, l’OMS a abaissé ses normes en fixant à 100 Bq/m³ le seuil où il n’y a aucun risque pour la santé et à 300 Bq/m³ la limite maximum.» La Suisse pourrait en faire de même. «Avec la révision de l’ordonnance sur la radioprotection, un abaissement de la valeur limite en Suisse à 300 Bq/m³ sera discuté avec les parties prenantes», remarque l’experte. Cela pourrait obliger pas mal de propriétaires à assainir leur maison. Entre 50 000 et 100 000 bâtiments pourraient être concernés. La semaine dernière, le canton d’Argovie a annoncé que 48 bâtiments scolaires dans 38 communes devaient être remis aux normes en raison de taux de radon trop élevés.

Ventiler le sol
L’abaissement du taux maximum autorisé ne freinera pas, au contraire, les assainissements. Ce qui est plutôt une bonne chose pour Laurent Nicod, chef du service de pneumologie du CHUV. «La population n’est pas suffisamment au courant des dangers de ce toxique, souligne le médecin. Il y a pourtant de nombreuses informations sur le site de l’OFSP (ndlr: www.bag.admin.ch). Il est dommage de ne pas réagir lorsque la présence d’un toxique est avérée. D’autant que les mesures à prendre ne sont pas trop difficiles à appliquer. Il suffit de bien ventiler le sol et d’aérer les caves et les vide-sanitaires.»

Cadastre valaisan
En Suisse romande, l’arc jurassien et le Valais sont les plus touchés. «Une douzaine de communes sont placées dans des zones à risque élevé, explique Firmin Pannatier, inspecteur des toxiques valaisan. Nous avons effectué un cadastre de toutes les communes valaisannes et nous incitons les propriétaires à effectuer des examens de détection de radon dans leur maison. Récemment, nous avons fait des tests dans les 1200 maisons d’Orsières. Une cinquantaine possédaient des valeurs trop élevées. Le problème est plus important maintenant car pas mal de maisons anciennes ont été rénovées et possèdent une meilleure isolation, ce qui empêche le radon de sortir de l’habitation.» Et le spécialiste de relever que des mesures simples peuvent facilement améliorer les choses comme la pose d’une ventilation ou l’amélioration de l’aération.
Sébastien Jost