«Soigner à domicile devient de plus en plus difficile»
SANTÉ La Fondation des services d’aide et de soins à domicile a une nouvelle directrice, Marie Da Roxa.
A Genève, plus de 15 000 patients font appel chaque année à la Fondation des services d’aide et de soins à domicile (FSASD). L’institution fait face à des missions de plus en plus complexes, comme l’explique Marie Da Roxa, ancienne secrétaire générale du Département des affaires régionales, de l’économie et de la santé, nommée à la fin de juin à la tête de l’institution.
Au printemps, des employés de la FSASD ont manifesté pour dire leur épuisement et réclamer davantage de moyens de l’Etat ( «TG» du 6 mai et 28 mai 2010 ). Ont-ils été entendus?
Oui, une partie de la réserve de la fondation a été utilisée pour créer de nouveaux postes. C’était nécessaire.
Comment expliquez-vous ce malaise du personnel?
Il est exposé à des situations de plus en plus lourdes. La population vieillit. Genève compte plus de 75 000 personnes de plus de 65 ans. Plus de 22 000 ont dépassé les 80 ans. Les prestations augmentent en volume et en complexité: il y a davantage de maladies chroniques et dégénérescentes.
Mais il n’y a pas que le grand âge: nous pouvons aussi nous occuper d’un trentenaire qui devient tétraplégique et qui souhaite rester à la maison. Ce n’est pas simple.
Quelles seront vos priorités?
J’entre en fonction en octobre et, après une période de transition avec mon prédécesseur, je serai véritablement aux commandes en janvier 2011. L’une de mes priorités sera de mettre en place les nouvelles prestations que sont les unités d’accueil temporaire (UAT).
A qui s’adresseront-elles?
Les UAT sont des structures d’aide à mi-chemin entre le domicile et l’EMS. Elles accueilleront une personne durant deux ou trois semaines, lors du départ en vacances de son entourage, par exemple. Cela permettra aux familles de souffler un peu. Trente-quatre places seront créées à Villereuse et une dizaine à Thônex: elles s’ajoutent à la dizaine de places qui existent déjà dans les cliniques de Jolimont et de Montana.
L’autre grand dossier est celui du programme d’accès aux soins, gelé au printemps.
Il y a eu des malentendus, le Grand Conseil doit désormais se prononcer. Genève bénéficie d’un réseau d’aide et de soins très dense, mais il faut mieux coordonner l’action des différents partenaires (hôpitaux, EMS, médecins de ville, pharmaciens, structures d’aide et de soins à domicile, associations d’aînés) tout en respectant le souhait du patient. Nous voulons éviter que l’hôpital soit un passage obligé avant l’entrée en EMS. Il faut arriver à mieux anticiper ce passage, tant du point de vue médical qu’administratif.
La FSASD va devenir un établissement public autonome. Qu’est-ce que cela va changer ?
Pour l’usager, rien. Mais vu le montant de la subvention de l’Etat (120 millions), il est plus adéquat que l’institution devienne un établissement public autonome, comme le sont les HUG ou les TPG. J’ajoute que le contrat de prestations sera renouvelé en 2012. Il faut donc s’y préparer, en clarifiant avec l’Etat les objectifs et les moyens mis à disposition.
SOPHIE DAVARIS

