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Neuchâtel se contentera d’un seul hôpital de soins aigus dès 2022

letemps.ch
Mercredi, 29 septembre 2010

Le Conseil d’Etat retient une solution perçue comme inimaginable avant la cantonalisation des hôpitaux. Localisation du site unique à définir

Un seul hôpital de soins aigus à l’horizon 2022 plutôt qu’une répartition des missions entre les sites de Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. C’est la décision prise par le Conseil d’Etat mardi et communiquée hier par la ministre socialiste de la Santé, Gisèle Ory. La question centrale de la localisation du site unique n’a pas été tranchée. La décision sera prise par le Grand Conseil neuchâtelois sur la base «d’études complémentaires» qui seront menées dès l’année prochaine. «Tout est absolument ouvert», indique Gisèle Ory, évoquant «plusieurs sites possibles» dans les deux villes ou encore au Val-de-Ruz.
Encore inimaginable il y a dix ans, l’option prise constitue une révolution. Elle s’inscrit dans la continuité de la cantonalisation des sept hôpitaux de soins physiques du canton, en 2005, et la mise en place progressive d’une structure unique, Hôpital neuchâtelois (HNe). En septembre 2007, la décision du gouvernement cantonal de concentrer l’activité mère-enfant sur un seul site a lancé le processus. La question de sa localisation a pourri le climat politique cantonal neuchâtelois, entraînant le lancement de pas moins de trois initiatives populaires.
Pour sortir de l’impasse, Gisèle Ory a institué un groupe de pilotage politique en octobre 2009, en intégrant des représentants des comités d’initiative. Elle a mandaté la société Antarès, déjà sollicitée pour la répartition des missions de 2007, pour faire des propositions.
Premier constat: le nombre de lits de soins aigus (A) va considérablement baisser ces prochaines années, avec le raccourcissement de la durée des hospitalisations et l’accent mis sur l’ambulatoire. Pour la période 2009-2015, Antarès considère en effet que le besoin va passer de 369 lits A à 214 (-42%).
«Avec environ 200 lits, il serait contre-productif d’étaler les activités sur deux sites», martèle Gisèle Ory, qui se dit «enthousiasmée» par un projet qui a été accepté «à l’unanimité» par le groupe de pilotage politique. «Nous allons au-delà de la répartition des missions entre le Haut et le Bas du canton. C’est ambitieux et novateur», se réjouit-elle. Outre le site de soins aigus, le dispositif hospitalier comprendra des «centres diagnostiques et thérapeutiques» en ville de Neuchâtel, à La Chaux-de-Fonds ainsi qu’au Val-de-Travers, organisés en réseau.
La ministre considère que le timing fixé est ambitieux. Elle promet que la direction – aujourd’hui sans tête – et le conseil d’administration d’HNe «ne resteront pas les bras croisés» face aux défis qui s’annoncent, dont l’ouverture des frontières cantonales en 2012. Le conseil a jusqu’en mars prochain pour établir sa planification stratégique 2011-15.
Dans l’intervalle, le groupe de pilotage exige une action immédiate «pour ramener un bon climat de travail au sein d’HNe». La perspective du site unique pourrait favoriser cette ambition, comme l’espère Gisèle Ory: «Il y a eu beaucoup d’incertitudes ces dernières années. Désormais, le personnel sait où il va. C’est fondamental.»
Pierre-Emmanuel Buss