La période est cruciale pour les sociétés de la medtech
SANTÉ Vingt-quatre start-up européennes actives dans les technologies médicales participent à Lausanne à un salon européen. Mais ce secteur autrefois flamboyant peine à s’extraire de la crise.
Qui sera le prochain Medtronic? Depuis hier et jusqu’à ce soir, vingt-quatre jeunes sociétés issues de toute l’Europe se réunissent à Lausanne pour la 2e édition du salon des technologies médicales organisé par l’organisation European Tech Tour. Triées sur le volet, ces entreprises – dont trois suisses (lire ci-contre) – entendent, chacune à leur manière, révolutionner ou du moins améliorer l’administration de soins médicaux, l’implantation de prothèses ou la manière d’établir des diagnostics.
Ces deux jours sont pour elles une véritable opération séduction: chacune dispose de quelques minutes pour se présenter sous ses plus beaux atours face à un public de bailleurs de fonds potentiels – des venture capitalists prêts à investir de leur argent dans les start-up qui les auront convaincus.
Situation bouleversée
Lors du précédent salon, qui était le premier Medtech Summit organisé par l’European Tech Tour, il y a deux ans à Montreux, tous les indicateurs étaient au vert. Les performances du secteur étaient largement supérieures à la moyenne du marché, dépassant même de loin celles du secteur pharmaceutique – grâce entre autres aux perspectives de retour sur investissement plus rapides que dans ce dernier secteur en raison de ses procédures d’accréditation plus courtes.
Mais la fragilité de la reprise a inversé la tendance dès le début de 2009. «Le pessimisme des investisseurs envers l’industrie n’épargne pas les sociétés actives dans les technologies médicales», explique Grégoire Biollaz, analyste auprès de Credit Suisse.
Perspectives quand même
D’autant plus qu’au contexte macroéconomique global se sont ajoutés des critères structurels fragilisant les fondamentaux de la branche. «Le prix du développement d’un nouveau produit est multiplié par un facteur 2 à 5, selon les procédures d’approbation dont il a besoin aux Etats-Unis, poursuit l’analyste. Or, celles-ci sont en passe d’être durcies. Cela constitue une menace pour les petits acteurs du domaine.»
Mais les organisateurs du salon ne veulent pas pour autant perdre leur optimisme. «La medtech se base sur la créativité et l’innovation, et cela ne manque pas dans le secteur, relève Bille Muirhead, président du sommet. Quant aux effets de la crise sur les investissements, ils ont l’avantage d’avoir ramené les valorisations, autrefois excessives, à des niveaux plus réalistes.»
Le secteur est donc loin d’être moribond, particulièrement sur l’arc lémanique, qui voit naître sans cesse de nouvelles compagnies prometteuses. «L’évolution de la démographie et les marchés émergents sont autant d’opportunités de croissance – donc d’investissement.
Grégoire Biollaz

