Le vaccin anti-grippe décrié mais efficace
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Jeudi, 30 septembre 2010
La vaccination a considérablement réduit en soixante ans le nombre des décès dus à la grippe, constate le bulletin de l’Institut français d’études démographiques
Les vaccins contre la grippe devraient prémunir cet hiver contre trois virus, deux virus «ordinaires» et le fameux A (H1N1) à l’origine de l’alerte pandémique lancée en 2009. Telle est l’une des principales recommandations publiées le 27 septembre par le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à l’intention des 53 Etats qui lui sont rattachés. Et l’institution de rappeler qu’à ses yeux «la vaccination annuelle anti-grippe est une action sûre de prévention sanitaire qui bénéficie à tous les groupes d’âge».
Cette dernière considération intervient après la très controversée campagne de vaccination anti-pandémique de l’an dernier. Une campagne qui s’est avérée aussi massive que vaine à partir du moment où le virus A (H1N1) s’est révélé beaucoup moins virulent que l’OMS ne l’avait craint. D’où, dans une partie du grand public, une méfiance accrue à l’égard du vaccin (lire ci-contre).
L’Institut national d’études démographiques (INED), à Paris, a judicieusement choisi ce début d’automne pour consacrer son bulletin mensuel Population & Sociétés au vaccin anti-grippe. Ce qui l’amène à saluer, à grand renfort de chiffres et de rappels historiques, le rôle éminent de la vaccination dans le «recul spectaculaire» de la maladie depuis une soixantaine d’années.
La grippe a une longue histoire, rappelle l’auteur de l’étude, France Meslé, de l’INED. Si la non-spécificité de ses symptômes ne permet pas de lui attribuer de façon sûre certains épisodes épidémiques anciens, chacun s’accorde à penser qu’elle sévissait déjà dans l’Antiquité. Son existence se précise au XIVe siècle, époque à laquelle les Florentins la baptisent «influenza», avant que les Français, au XVIIIe, ne l’appellent «grippe», un nom qui souligne son caractère brutal et saisissant (agrippant). Un siècle plus tard, une première pandémie est décrite dans le détail: la «grippe russe» qui se propage de la Sibérie à l’Europe avant de gagner l’Amérique et l’Asie dans les années 1889-1890.
Sur ce front sanitaire, le XXe siècle connaîtra le pire et le meilleur. Le pire sous la forme de trois pandémies très meurtrières en 1918-1919, 1957-1958 et 1968-1969 (dont la première, la fameuse «grippe espagnole», a causé des dizaines de millions de décès), ainsi que des épidémies annuelles redoutables, qui font sur le seul territoire français de 10 000 à 20 000 morts directs par an (le double en comptant les décès dus aux complications). Le meilleur grâce à l’identification du virus chez le porc, à la fin des années 1920, et chez l’homme, en 1933, puis à la fabrication et à la distribution d’un vaccin aux Etats-Unis à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
AFP

