La courbe des dépenses s’aplatit
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Mardi, 30 novembre 2010
De 5,9% en 2008, la hausse annuelle passera à 3% en 2012
Vieillissement de la population et hausse des salaires obligent: les dépenses de santé ne diminueront pas ces prochaines années en Suisse. Pourtant, constate le centre de recherches conjoncturelles de l’Ecole polytechnique de Zurich (KOF), la hausse sera moins marquée de 2010 à 2012.
Dans une étude publiée lundi, le KOF estime que la croissance des dépenses de santé sera de 3,4% en 2010, de 3,7% en 2011 et de 3% en 2012. L’augmentation est modérée comparée à celles de 2008 (5,9%) et 2009 (5%). Les dépenses de santé croissent de manière tendancielle nettement plus vite que le produit intérieur brut (PIB). Sur la période 2000-2012, le KOF estime que cette différence atteint 25% pour les dépenses des institutions médico-sociales et 20% dans le domaine des hôpitaux. Seul le secteur des médicaments enregistre une courbe parallèle à moyen terme à celle du PIB.
Depuis 2007, les dépenses de soins ambulatoires ont explosé. Il s’agit surtout des soins donnés à l’hôpital sans séjour hospitalier qui ont augmenté de 40% en trois ans et devraient doubler entre 2000 et 2012. Cette facture s’élevait à 4,1 milliards de francs en 2008 et devrait frôler 6 milliards en 2012.
Causes indécelables
Quelles sont les causes de cette explosion? La pénurie de médecins généralistes et les longues listes d’attente pour un rendez-vous dans les cabinets médicaux provoquent-elles une ruée des patients vers les hôpitaux de jour, ou les hôpitaux poussent-ils, pour des raisons de coûts, très rapidement les patients vers la sortie afin de les soigner en ambulatoire? «On aimerait bien le savoir, mais l’étude n’est pas assez précise pour répondre à ces questions», constate Jan-Egbert Sturm, directeur du KOF.
La facture hospitalière est toujours la plus importante sur l’ensemble des dépenses de santé. Elle représentait 46,1% en 1985 et passera à 45% en 2012, selon le KOF. Cette légère diminution est trompeuse. Si l’on tient compte des traitements ambulatoires à l’hôpital, en nette augmentation, les soins facturés par les hôpitaux passent de 48,6% à 53,8% des coûts globaux.
Les médicaments baissent
Le seul secteur en diminution, proportionnelle à moyen terme et effective en 2010, est celui des médicaments. En incluant les prothèses et autres implants, ce domaine représentait 13,6% de la facture totale en 1985 et devrait se situer à 11,5% en 2012. Le poste médicaments représentait à lui seul 10,1% des coûts en 2008, et atteint 9,5% en 2010. Le KOF estime que cette part restera stable jusqu’en 2012. C’est le seul poste des dépenses de santé qui diminue en chiffres nominaux. En 2010, les économies, dues notamment à la promotion des génériques, sont estimées à 400 millions de francs. Sans cette tendance, les coûts de la santé augmenteraient de 4% en 2010 au lieu de 3,4%.
Comment expliquer cette exception à la tendance haussière? «Le domaine de la santé n’est pas soumis au libre marché. Mais, parmi les composants des coûts, celui des médicaments est sans doute le plus proche d’une économie de marché. Il est également plus facile à réguler», explique Jan-Egbert Sturm.
L’étude du KOF explique la réduction de la croissance des dépenses dès 2010 en grande partie par des facteurs dits exogènes, comme la croissance modérée du PIB et celle, faible, des salaires. «Lorsque les gens disposent d’un revenu plus élevé, ils l’investissent souvent dans des dépenses de santé», note le directeur du KOF.
Willy Boder
Sur la facture globale, qui passera de 63,4 milliards de francs en 2010, à 67,7 milliards en 2012, un quart est payé directement de la poche des patients, et 35% par les assureurs maladie. Ce secteur, qui emploie 494 000 personnes, contribue à 11,5% du PIB.
Willy Boder

