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Vaud n’oublie pas les malades d’Alzheimer

Le Courrier, Genève lecourrier.ch
Mardi, 30 novembre 2010

Troisième Age : Le canton veut créer un Centre universitaire de la mémoire au CHUV et étoffer son aide aux proches de malades d’Alzheimer. Il s’agirait d’une première en Suisse.

Les malades d’Alzheimer et leurs proches pourront compter sur un soutien accru dans le canton de Vaud. Le Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) a présenté hier un programme en faveur des personnes atteintes d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence. Une démarche inédite en Suisse, affirment les autorités vaudoises.

Premier axe de ce plan: la création de centres régionaux de la mémoire, dédiés à la prise en charge ambulatoire des patients. Le coeur de ce réseau sera situé au CHUV, dans un futur Centre universitaire de la mémoire qui aura aussi pour tâche de faire de la recherche et de la formation. En 2011, le canton prévoit de débloquer 740000 francs pour la réalisation de ce volet. Il ne part pas de zéro: les centres régionaux de la mémoire sont déjà sur pied ou en cours de création. La maladie d’Alzheimer et les pathologies apparentées touchent plus de 9000 personnes dans le canton de Vaud. La perte progressive des facultés de mémoire et d’orientation est une épreuve très rude pour les malades comme pour leur entourage. Plus de quatre patients sur dix vivent à domicile avec un ou plusieurs proches. C’est donc à ces derniers – le plus souvent des femmes – que s’adresse le deuxième volet du programme vaudois. L’Association Alzheimer Vaud étoffera son équipe d’«Alzamis », un service de présence à domicile qui permet de soulager l’entourage des malades. Pour y parvenir, elle bénéficiera d’un doublement de la subvention cantonale, qui atteindra 650 000 francs en 2011 si le parlement y consent. Le service d’aide à domicile est payant, mais le soutien de l’Etat permet d’alléger un peu la douloureuse. Le tarif de base est de 22francs de l’heure durant la journée, et il pourra être abaissé en fonction de la capacité financière. Alzheimer Vaud est présidé par Marc Diserens, ancien chef du Service vaudois de la santé publique.

 «Une personne qui passe du domicile à un EMS génère un coût de 100 000 francs, a souligné hier le chef du DSAS, Pierre-Yves Maillard. Le canton a donc aussi un intérêt financier à favoriser le maintien à domicile. » Le programme vaudois prévoit enfin de développer les lieux d’accueil temporaires pour les personnes âgées. L’objectif est de créer 200 places d’ici à 2015.

L’HISTOIRE DU PATIENTAU CENTRE DE LATHÉRAPIE

Lorsqu’une personne souffre de troubles de la mémoire et du comportement, la première phase consiste à poser un diagnostic précis. Car il ne s’agit pas forcément de la maladie d’Alzheimer. Certaines pathologies infectieuses, de même que la dépression, peuvent provoquer des symptômes similaires.

 A la différence de ces dernières  la maladie d’Alzheimer porte une atteinte considérée comme irréversible aux neurones. Mais cela ne signifie pas que rien ne puisse être entrepris. «L’homme n’est pas que le résultat de ses neurones », explique Armin von Gunten, médecin adjoint au Service universitaire de psychiatrie de l’âge avancé du CHUV. Des thérapies dites psychosociales peuvent diminuer les symptômes, voire permettre au malade de recouvrer temporairement certaines facultés. Il s’agit par exemple de méthodes de stimulation des sens et d’évocation des souvenirs du patient. Tout l’enjeu consiste à ne pas le mettre en situation d’échec, mais à faire appel à ses ressources propres. «Il ne faut pas forcément le stimuler davantage, mais mieux cibler la stimulation», commente Armin von Gunten.

Par exemple, les événements anciens restent souvent très nets dans la mémoire des malades d’Alzheimer, du moins dans une première phase. D’où l’importance de «la dimension autobiographique du patient» dans sa prise en charge, souligne le médecin. MR