Elle attaque l’Hôpital après la mort de son mari
Il est admis aux Urgences puis renvoyé chez lui. Hospitalisé à nouveau, il tombe dans le coma et meurt
«L’Hôpital l’a fait rentrer à la maison avec un traumatisme crânien, sans scanner ni radio. Il en est mort. Je ne vais pas en rester là.» Paulette Bertrand est inconsolable mais déterminée après le décès de son mari Pierre-André le printemps dernier. Afin que «justice soit rendue», elle a déposé une plainte au début du mois pour homicide par négligence. «La sortie du retraité de l’hôpital était prématurée au vu de son état et de ses antécédents médicaux», répète son avocat Me Daniel A. Meyer. Le patient, âgé de 73 ans, souffrait de diabète, il avait des problèmes liés à la consommation d’alcool et portait un pacemaker.
Le drame commence par une chute à domicile le 30 avril dernier vers 22 h. Cette nuit-là, l’Onésien, qui se plaint de nausées et de vomissements, est emmené aux Urgences. Le rapport médical fait état d’un traumatisme crânien à la suite «d’une chute survenue dans des circonstances peu claires, vraisemblablement dans un contexte d’abus d’alcool».
Des injections d’anticoagulants lui ont été administrées afin de diminuer le risque d’hémorragie cérébrale, précise la plainte rédigée par Me Meyer. On y apprend d’ailleurs que le défunt avait déjà été hospitalisé en février en raison de ses troubles cardiaques.
Opéré d’urgence
Lors de la venue de Pierre-André Bertrand aux Urgences, la nuit du 30 avril, l’équipe soignante qualifie le traumatisme de mineur. Selon le rapport médical, en raison de ce diagnostic, l’aîné est surveillé pendant une période de douze heures: «Dans cette situation, le scanner n’est pas systématique.» Le lendemain, le retraité est renvoyé chez lui. Il est simplement prié de revoir son médecin trois jours plus tard pour un contrôle. «Mais à son retour, l’après-midi du 1er mai, il n’était pas dans son état normal, poursuit sa veuve. Il présentait des moments d’égarement, d’absence. Le 2 mai, il est resté au lit, ce qui n’était pas dans ses habitudes.»
Elle ne veut pas d’argent
Le lendemain, inquiète, Paulette Bertrand appelle l’ambulance. L’après-midi, son mari doit être opéré d’urgence pour un accident vasculaire cérébral. «Avec un scanner, les médecins auraient pu voir qu’il y avait un problème lors de la première hospitalisation trois jours plus tôt», regrette la Genevoise. Son état de santé se détériore. Le 11 mai, il décède. «Ma cliente ne veut pas d’argent, soutient Me Meyer. Elle veut que l’erreur médicale soit reconnue.»
La porte-parole des HUG Séverine Hutin rappelle que les HUG ont pour principe de ne pas s’exprimer sur des situations de patients par voie de presse. Ils sont néanmoins toujours prêts à collaborer activement avec les patients, ou le cas échéant avec les autorités judiciaires, dans les situations litigieuses.
Fedele Mendicino

