Les cantons s’attaquent aux tarifs médicaux
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Samedi-Dimanche, 29-30 janvier 2011
Les directeurs cantonaux de la santé demandent à Berne de réviser TarMed. Objectif: baisser le coût des prestations techniques
Sept ans après son entrée en vigueur, TarMed, le fameux système de tarification des prestations médicales, est à nouveau sur la sellette. Les cantons viennent d’écrire à Didier Burkhalter pour dire tout le mal qu’ils pensent de cet outil, à leurs yeux dépassé. Le conseiller fédéral est prié d’intervenir pour qu’une révision soit rapidement mise en chantier.
Le reproche? Il n’est pas nouveau. TarMed serait encore et toujours trop généreux à l’égard des prestations techniques, tandis que les autres gestes médicaux seraient sous-payés. Mais pour les cantons, le système mis en place en 2004 aurait très mal vieilli et la situation se serait aggravée au fil des ans. Le ministre vaudois de la Santé et président de la Conférence des directeurs de la santé, Pierre-Yves Maillard, s’en explique. «Pour les équipements techniques, les tarifs ont été fixés en fonction du coût d’investissement de l’époque. Or, c’est exactement comme dans le secteur de l’informatique, les prix ont chuté. Résultat: cela crée des niches d’activités particulièrement lucratives, par exemple l’imagerie médicale, les dialyses, la radiothérapie. Les médecins et les cliniques privées peuvent rentabiliser très rapidement leurs équipements et il y a maintenant pléthore d’offres».
Pour le conseiller d’Etat vaudois, la situation a des conséquences très lourdes pour le secteur hospitalier public, peu à peu privé de ses meilleurs spécialistes, attirés par les conditions de travail et les salaires élevés du privé. «Les cliniques privées offrent de véritables ponts d’or et on arrive à une situation de pénurie dans les hôpitaux publics. Dans le canton, un grand hôpital de zone a eu beaucoup de difficultés à remplacer son radiologue», fait remarquer Pierre-Yves Maillard, qui rappelle au passage toutes les prestations de santé publique, rentables ou non, que doivent assumer les hôpitaux publics.
Demander à la Confédération d’intervenir pour réviser TarMed? La Fédération des médecins suisses juge la démarche pour le moins surprenante. «C’est exactement ce que nous sommes en train de faire. La FMH et H + sont en plein travail pour actualiser les critères de rémunération. Nous travaillons dans la direction souhaitée par les cantons et nous serons prêts d’ici au début de l’été», assure Jacques de Haller, président de la FMH. Pour le Genevois, pas question de demander à la Confédération de s’en mêler. «Nous avons toujours réussi à nous entendre entre partenaires. Ce serait idiot que le Conseil fédéral s’en mêle. Mais les pressions des cantons décideront peut-être santésuisse à rejoindre la table de discussion».
Vanessa Cardoso

