L’Hôpital du Valais en pleine forme
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Mercredi, 31 mars 2011
Débats
Alors que les principales conclusions de l’audit du Réseau Santé Valais viennent d’être rendues publiques et qu’elles reconnaissent la qualité de notre travail, il est important de ne pas se tromper de débat. Ce qui se joue en ce moment, c’est le maintien ou non en Valais d’une médecine hospitalière performante, offrant un très large spectre de spécialisations. Un enjeu bien plus fondamental que la littérature polémiste destinée à alimenter un feuilleton médiatique à épisodes qui se nourrit de l’écume au lieu de traiter le fond.
Objectivement et sans influence égocentrique, qui peut en effet affirmer aujourd’hui en étant crédible que la mise en place du Réseau Santé Valais en 2004 n’a pas significativement contribué à améliorer l’organisation et la qualité des soins dans notre canton? Qui pourrait se permettre d’affirmer que le Valais n’a pas anticipé l’ouverture du marché hospitalier de 2012 en développant des pôles de compétences multidisciplinaires extrêmement performants? Alors que de nombreux cantons suisses envient notre organisation, nous nous évertuons à remettre en cause ce qui fonctionne bien.
Car au-delà de l’écume médiatique, la meilleure façon de juger de la bonne santé d’une entreprise c’est d’analyser ses résultats, de comparer ses chiffres avec la concurrence et les normes suisses ou internationales. Or, que disent les chiffres du RSV dans les secteurs qui sont montrés du doigt, comme la chirurgie?
Prenons par exemple l’hémorragie supposée des médecins. Car quand on parle de départ de médecins au RSV, il faut revenir à la réalité des faits. Depuis 2007, nous avons engagé pas moins de 15 nouveaux chirurgiens, dont 12 à plein-temps pour 2 départs. Plusieurs d’entre eux sont considérés comme des références dans leur domaine. Dans une période où la pénurie de médecins qualifiés touche tous les hôpitaux de Suisse, comment peut-on expliquer l’envie de ces chirurgiens extrêmement compétents de rejoindre le RSV si ce n’est la bonne réputation de notre hôpital auprès d’eux et la qualité du travail effectué?
Nous avons complètement restructuré les blocs opératoires avec la création d’équipes multidisciplinaires sur les trois sites à Sion, Sierre et Martigny. Des organismes externes ont validé et reconnu au meilleur niveau notre formation des spécialistes en chirurgie. La note d’évaluation attribuée au département de chirurgie par nos médecins en formation est désormais supérieure à la moyenne suisse. Cette note était très inférieure il y a peu de temps encore… Le taux de mortalité en chirurgie viscérale est nettement meilleur que la moyenne nationale.
Ce constat de qualité s’applique également à la cardiologie du RSV, maintes fois victime d’attaques médiatiques relevant d’une totale méconnaissance de la réalité. Des centaines de patients ont été pris en charge en urgence pour un infarctus du myocarde. Ces patients ont été soignés dans les meilleures conditions possibles. Quand on évoque les cardiologues de garde qui habitent dans le canton de Vaud, il faut savoir que la prise en charge des patients intervient toujours dans le plus strict respect des délais édictés par la Société européenne de cardiologie, soit au maximum 90 minutes entre le premier contact médical et la réouverture de l’artère coronaire du patient. Après, il faut s’en tenir aux résultats. Notre service de cardiologie enregistre un taux de mortalité à l’hôpital qui est un des plus bas de Suisse. Quant au rétablissement de la fonction cardiaque des patients pris en charge à l’hôpital de Sion après un infarctus, elle est excellente, comme nos chiffres le prouvent.
Mais posons-nous plutôt les bonnes questions… Chacun sait que les coûts de la santé sont une préoccupation prioritaire. Dès lors, comment ne pas s’interroger sur l’utilité de l’ouverture récente d’une 2e salle de cathétérisme cardiaque dans une clinique privée à Sion, n’offrant ni de service de garde, ni de soins intensifs. Alors qu’il est démontré qu’une seule salle suffit largement à couvrir les besoins d’une population de 500 000 habitants, on a constaté depuis cette ouverture une augmentation des coronarographies de 41% en 2009 alors que les chiffres étaient stables depuis 2004! Chacun peut imaginer les coûts liés à cette inflation d’examens…
A travers cet exemple significatif et le rappel de quelques vérités passées bien intentionnellement sous silence, nos propos n’ont qu’un seul objectif: rappeler aux Valaisans qu’au-delà des guerres d’ego, des conflits d’intérêt, du mélange des genres et des règlements de comptes personnels, ce qui se joue aujourd’hui en Valais, c’est le maintien dans notre canton d’une médecine hospitalière de pointe, qualitative et performante.
Réduire cette ambition, restreindre nos compétences au niveau d’un simple hôpital de campagne, freiner notre stratégie de développement reviendraient immanquablement à proposer aux Valaisans d’aller se faire soigner dans un autre canton. Avec toutes les conséquences que l’on imagine pour nos concitoyens. C’est tout l’enjeu de notre combat pour défendre le savoir-faire reconnu de l’Hôpital du Valais!
Vincent Bettschart – Grégoire Girod

