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Le Réseau Santé Valais réussit son examen

letemps.ch
Jeudi, 31 mars 2011

Hôpitaux L’audit commandé par le Grand Conseil faisait suite à une longue polémique

Le ministre Maurice Tornay se disait «impatient mais serein», il est désormais «rassuré et confiant». La qualité des soins au sein du Réseau Santé Valais (RSV) est bonne, a conclu la Fédération hospitalière de France (FHF), qui a rendu les résultats de son audit mercredi.
«Il n’y a aucun élément de complications postopératoires qui indiquerait un problème généralisé de prise en charge des patients», résume Jean-Pierre Favre, chirurgien et auditeur. Avec lui, 16 consultants et experts de diverses disciplines ont plongé dans le système hospitalier valaisan durant sept mois, couplant des recherches documentaires à des études de satisfaction.
L’audit avait été commandé par le Grand Conseil suite à un départ controversé, celui du chirurgien Daniel Savioz, l’an dernier, qui critiquait la qualité d’un certain nombre d’interventions dans le service de chirurgie abdominale et viscérale. D’autres événements avaient alimenté la polémique comme la diffusion de matches de football en streaming sur un écran d’ordinateur en salle d’opération.

«Conforme»
Globalement, l’enquête montre que la qualité des soins est «conforme aux standards internationaux». Dans le détail, l’analyse de 1300 dossiers de patients pris en charge entre le 1er juillet 2009 et le 31 juin 2010 révèle des taux de ré-intervention «très faibles» aussi bien dans le domaine de la chirurgie générale et digestive (moins de 5%) qu’en chirurgie vasculaire ou en chirurgie cardiaque (10%). Les urgences cardiologiques sont également bien notées.
De quoi interpeller les détracteurs du RSV, dont le professeur d’Université à la retraite Jean-Claude Pont s’était fait le porte-parole et dont l’intense lobbying avait conduit à l’audit? Pas vraiment. Jean-Claude Pont tient à rappeler qu’il n’a «jamais mis en doute la qualité du geste médical des praticiens du RSV» mais au contraire pointé du doigt les dysfonctionnements dans «les actes de médecine hautement spécialisée comme ceux dénoncés par Daniel Savioz, qui nécessitent une certaine masse critique. Or ces cas n’ont pas été analysés.»

Points noirs
Les dossiers en question ont été saisis par la justice, a rappelé Jean-Pierre Favre, qui juge par ailleurs «non scientifique» une collecte de données qui consisterait à «aller prendre toutes les tomates pourries chez l’épicier pour prouver que ses produits ne sont pas frais».
Si l’art médical tel que pratiqué en Valais est sauf, tout n’est pas rose néanmoins. Le fonctionnement du service de radio-oncologie est pénalisé par des «difficultés relationnelles» qui ont conduit à un important renouvellement de personnel, révèle l’audit, ce qui cause des problèmes d’organisation générale «à régler au plus vite». L’offre de soins en Valais serait également trop morcelée sur dix sites. La FHF encourage donc le RSV à continuer le processus de concentration entamé en 2004.
C’est, enfin, sur le plan de la gouvernance et de la communication que les progrès les plus notoires peuvent être faits. Les auditeurs constatent que la direction générale du RSV est «déqualifiée», «prise en sandwich» entre un conseil d’administration qui empiète sur son terrain en faisant de la gestion et des centres hospitaliers qui font de la planification. Jean-Claude Pont reprend la balle au bond: «Il serait souhaitable que le Conseil d’Etat procède à des changements au sein de l’équipe dirigeante dont nous disons depuis le début qu’elle a trop de pouvoir et pas assez de compétences.»
La FHF a également procédé à des enquêtes de satisfaction. On apprend que les professionnels de la santé du secteur privé attribuent une note de 7,1/10 à la prise en charge médicale au RSV mais notent très mal l’attente aux urgences (5,7). Et que les nombreux transferts inter-hospitaliers gênent les malades (83%).
Xavier Filliez