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La Suisse se déclare en guerre contre le cancer

Tribune de Genève, tdg.ch
Vendredi, 29 avril 2011

Trop de décès provoqués par des tumeurs évitables! Le programme national de lutte contre le cancer vise davantage de coordination

Première place pour le mélanome de la peau, 5e rang pour le cancer du sein et 8e pour celui de la prostate. Sur le plan européen, le classement de la Suisse se révèle inquiétant. Et demande plus d’efficacité dans la lutte contre cette maladie, responsable de 30% des décès (soit 15 000 individus par an). D’autant plus qu’en matière de guérison, le fédéralisme ne garantit pas l’égalité des chances.
Présenté hier, le Programme national de lutte contre le cancer 2011-2015 cherche à améliorer la collaboration entre les différents acteurs de la santé. Et ce dans toute la chaîne de soins: prévention, dépistage, recherche, traitement, soutien psychosocial, réadaptation et même soins palliatifs. Mise au point par plusieurs organisations, cette liste d’objectifs sera bientôt présentée aux pouvoirs politiques cantonaux et fédéraux, afin qu’ils agissent.

«La lutte contre le cancer réclame un monitoring, pour que les mesures de prévention puissent être élaborées de manière ciblée et que le dépistage puisse être organisé précocement», indique Jakob Passweg, président de la Ligue suisse contre le cancer.
Cette base permettrait une uniformisation de la prise en charge. «Chaque Canton bricole de son côté, il n’y a pas assez de coordination, regrette le professeur spécialisé. C’est là qu’il y a des améliorations à faire.» A titre d’exemple, la prévention contre le cancer du sein est bien plus développée en Suisse romande qu’outre-Sarine. Une abolition des disparités régionales devrait donc survenir.

Elle passerait par l’instauration de réseaux et de pôles supra-cantonaux. Où la recherche clinique permettrait de trouver des alternatives à la chimiothérapie (pourvue de nombreux inconvénients) et d’optimiser l’impact de chaque nouvelle découverte. «Des centres de compétence nationaux doivent être créés pour les maladies très rares, car c’est le seul moyen d’acquérir suffisamment d’expérience dans le traitement de ce type de maladies», ajoute Thomas Cerny, président de la fondation Recherche suisse contre le cancer.
Les frais de la mise en œuvre seront assumés par Oncosuisse (Union suisse contre le cancer), avec le soutien des Cantons et de l’Office fédéral de la santé publique. «Le programme ne va pas forcément coûter cher, car il y aura aussi des synergies et des économies», conclut Marcel Wyler, responsable du programme.
Anetka Mühlemann