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Des lunettes vidéo pour traiter le cancer du sein

Tribune de Genève, tdg.ch
Mardi, 30 août 2011

Une technique de respiration, couplée à une image vidéo, permet de protéger le cœur de la radiothérapie

Retenir sa respiration, bloquer un volume d’air précis pendant 20 secondes, affublée d’un tube dans la bouche. Elle n’y paraît pas mais cette technique appelée «Deep inspiration breath hold » (DIBH) permet d’améliorer le traitement du cancer du sein gauche en limitant les effets secondaires sur le cœur.
Lors d’une radiothérapie du sein gauche, il arrive souvent que le cœur soit compris dans le champ d’irradiation. «A long terme, cela peut abîmer l’organe et entraîner notamment des insuffisances cardiaques», détaille Conny Vrieling, médecin au centre de radio-oncologie des Eaux-Vives.

Ce centre, ainsi que la Clinique de Genolier pratiquent la DIBH depuis un peu plus d’un an, mais avec une particularité: la patiente porte des lunettes vidéo. Le DIBH fonctionne alors de la manière suivante: la patiente inspire et bloque sa respiration pendant 20 à 30 secondes, ce qui entraîne un élargissement des poumons et déplace légèrement le cœur, qui se retrouve alors hors du champ d’irradiation. «Pour optimiser la technique, nous faisons porter à la patiente des lunettes vidéo», détaille Conny Vrieling. Leur utilité? «Elle peut visualiser sa courbe respiratoire et le niveau d’inspiration requis pour le traitement.» Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) utilisaient la technique du «Deep inspiration breath hold » (DIBH) depuis quelques années. Pour le docteur Vincent Vinh-Hung, spécialiste de la radio-oncologie aux HUG, «l’utilisation de lunettes est excellente, en particulier pour l’apprentissage et pour se familiariser avec la technique du DIBH».
Toutefois, les lunettes ne sont plus d’actualité aux HUG aujourd’hui. Pourquoi? «Nous avons utilisé ce type de lunettes mais nous avons constaté que la technique réalisée sous contrôle vidéoscopique à distance était tout aussi efficace.» Conny Vrieling conclut: «Au-delà de l’utilisation ou non des lunettes, le breath hold représente incontestablement un progrès technique, susceptible d’améliorer la qualité de vie des patientes.»
Aurélie TONINATO