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Coûts de la santé: une maîtrise «menacée»?

Tribune de Genève, tdg.ch
Vendredi, 30 septembre 2011

Pierre-François Unger tire un bilan positif sur dix ans mais s’inquiète de l’entrée en vigueur de nouvelles lois

«Le canton ne disposera plus d’aucun moyen de rationalisation des coûts», avance Pierre-François Unger, ministre chargé de la santé. Au surlendemain de l’annonce de la hausse des primes d’assurance-maladie par Berne, la marge de manœuvre cantonale semble se réduire de plus belle, «menacée par des décisions fédérales».
D’une part la clause du besoin, qui permet aux cantons de limiter l’ouverture de cabinets médicaux, expire fin 2011. L’offre induisant la consommation, «on perd un outil de contrôle efficace», déplore le conseiller d’Etat. Difficile d’estimer et impossible de juguler le nombre de médecins qui vont s’installer l’an prochain.

D’autre part, la nouvelle loi sur le financement hospitalier impliquera des subventions aux cliniques privées à hauteur de 24 millions de francs. «On ne voit pas pour quel motif il est fondamental qu’on les subventionne», relève-t-il. Par ailleurs, les forfaits par cas remplaceront les forfaits quotidiens, par conséquent les assurés devront participer aux coûts des investissements, ce qui selon lui augmentera, encore, les primes.
Le chef du DARES se prévaut d’un bilan positif ces dix dernières années. L’augmentation totale des coûts par assuré à Genève – 19,7% soit 650 francs par an – représentant environ moitié moins que celle de la Suisse -33,2% soit 774 francs par an. Une réussite qu’il attribue en partie à l’application «stricte et rigoureuse» de la clause du besoin. «On n’est plus le canton le plus cher», rappelle-t-il.
Pierre-François Unger place ses espoirs dans une éventuelle redistribution des réserves excédentaires aux cantons qui ont trop payé. Mais cet avant-projet de loi est en phase de préconsultation. «On verra le sort que le Parlement fédéral lui réserve.»
Sophie SIMON