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Comment Fasteris est devenu une star de l’ADN

Tribune de Genève, tdg.ch
Lundi, 28 novembre 2011

Les scientifiques de Plan-les-Ouates contribuent aux avancées de la recherche génomique

La start-up genevoise spécialisée dans le service de séquençage d’ADN se fait un nom. Fondée il y a huit ans dans un chalet, elle s’étale aujourd’hui sur trois étages à Plan-les-Ouates et compte 22 employés. Le premier centre génomique à haut débit de Suisse a reçu au début de novembre le Prix de la jeune industrie de la Chambre de commerce, d’industrie et des services du canton. L’équipe a même participé à la publication la semaine dernière d’un article complet dans la référence scientifique Nature . Dans le milieu, c’est comme décrocher le graal.
Que fait Fasteris? «Nous fournissons des outils et des connaissances aux scientifiques pour permettre de découvrir les secrets du génome», explique son cofondateur Laurent Farinelli. Ses clients, des laboratoires privés, des hôpitaux, des entreprises ou des universités, viennent du monde entier. Ses services sont essentiels: «Comme l’invention du microscope, les outils et les analyses que nous fournissons permettent de découvrir un univers.» Laurent Farinelli est le coinventeur, en 1996, d’une technologie: la «colonie d’ADN». Elle permet de lire l’ADN des millions de fois plus rapidement qu’auparavant et est à l’origine de l’essor de la société américaine Illumina, leader sur le marché mondial de la conception de machines de séquençage. En 2006, la start-up genevoise lui achète un instrument et utilise depuis le «séquençage à très haut débit» pour des projets de recherche en médecine, en microbiologie ou en agriculture. L’entreprise a participé à la découverte des gènes impliqués dans des cancers et des mécanismes liés à la perte de mémoire. En collaboration avec des partenaires, Fasteris a séquencé le génome de la fourmi, de l’araignée ou étudié l’ADN trouvé au fond des océans. L’équipe peut compter sur un pôle de compétences en Suisse où les concurrents sont vus comme des partenaires. «Nous avons la chance de collaborer de façon constructive», se réjouit Laurent Farinelli. Outre-Sarine, la société Microsynth fournit des services similaires et des succursales de l’EPFZ à Bâle se spécialisent dans le séquençage. En Suisse romande, Nestlé développe un centre avec l’EPFL. Les hôpitaux de Genève et de Lausanne, des clients, sont aussi partenaires.
Tous contribuent à préparer la science et la médecine de demain. «Cette dernière sera plus personnalisée et prédictive grâce à l’avènement de la génomique», estime Benoît Dupuis, président du réseau Bioalps. Il résume: «Le séquençage du génome coûtait des millions de francs il y a cinq ans. Il était long et fastidieux. Aujourd’hui, il peut être fait pour 4000 francs.» Entre autres grâce aux colonies d’ADN et à Fasteris.
Richard Etienne