Espoir autour du cancer de l’ovaire
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Mardi, 29 novembre 2011
Médecine E-closion s’intéresse aux travaux de chercheurs genevois
Le cancer de l’ovaire est une maladie curable lorsqu’elle est détectée à un stade précoce. Malheureusement, la majorité des patientes sont diagnostiquées à un stade avancé lorsque le taux de survie à cinq ans est inférieur à 20%», a expliqué la biochimiste Marie Cohen, lors de la 5e Journée de l’innovation des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Elle y a présenté les travaux de recherche de son équipe du Laboratoire d’hormonologie des HUG qui ont aussitôt suscité l’intérêt d’E-closion, une structure genevoise qui apporte les ressources nécessaires au lancement d’une entreprise dans le domaine des sciences de la vie.
Pour augmenter la survie des patientes avec un cancer avancé de l’ovaire, l’équipe genevoise développe de nouveaux outils thérapeutiques. Un groupe de recherche a été créé en collaboration avec le professeur Patrick Petignat, médecin adjoint agrégé au Service de gynécologie des HUG. Les chercheurs travaillent sur la GRP78, une protéine suspectée d’induire l’invasion des cellules tumorales et qui semble jouer un rôle critique dans la résistance de certaines cellules cancéreuses à la chimiothérapie. «Cette protéine est surexprimée dans les cellules cancéreuses et se localise à leur surface», explique Marie Cohen.
Sur des souris
Le corps fabrique des anticorps (anti-GRP78) contre ces protéines. «Nous les avons purifiées à partir de sérum de patientes et les avons testées in vitro sur des cellules de cancer de l’ovaire», explique la biochimiste dont les travaux ont été publiés dans Cancer Letters. Résultats: ces anticorps inhibent l’invasion cellulaire et augmentent l’efficacité des traitements médicamenteux. Les scientifiques ont fait appel aux nanoparticules développées par le groupe de Florence Delie, maître d’enseignement et de recherche en sciences pharmaceutiques de l’Université de Genève. Des drogues chimiothérapeutiques ont été encapsulées dans ces nanoparticules sur lesquelles les anticorps anti-GRP78 ont été greffés. «Ces derniers ciblent spécifiquement les cellules cancéreuses et augmentent la réponse aux drogues chimiothérapeutiques», note Marie Cohen.
Reste à passer sur le modèle animal. «Nous allons probablement collaborer avec E-closion pour confirmer nos résultats sur des souris», prévoit Marie Cohen. «Pour l’instant, je ne m’imagine pas créer une start-up mais tant mieux si nos recherches sortent du laboratoire! C’est le but.»
Le cancer de l’ovaire est la première cause de décès des cancers gynécologiques: 600 à 700 femmes touchées par la maladie chaque année en Suisse, dont 450 à 500 vont décéder. Le problème est qu’on le découvre le plus souvent à un stade très avancé, lorsqu’il s’est disséminé dans la cavité abdominale.
«Après le traitement standard, une thérapie ciblée – qui viserait les cellules cancéreuses, même celles en dormance, sans atteindre les cellules normales du reste de l’organisme – devrait diminuer la mortalité en minimisant les rechutes, explique Marie Cohen. En parallèle à ce projet, nous travaillons à l’identification de biomarqueurs du cancer de l’ovaire. C’est-à-dire à la recherche d’une molécule, le plus souvent une protéine stable et dosable dans le sang, qui permettrait d’identifier la maladie à son stade débutant.»
Ghislaine Bloch

