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La France préconise le retrait des implants PIP

Tribune de Genève, tdg.ch
Samedi-dimanche-lundi 24-25-26 décembre 2011

Par prévention,  Paris préconise l’extraction des prothèses défectueuses.  Suisse et Angleterre s’y refusent  

La France se fait la championne du principe de précaution. Elle l’applique à outrance, à en croire ses voisins. Plusieurs pays dont la Suisse sont plus circonspects qu’elle sur les risques encourus par les femmes portant des prothèses mammaires de la marque PIP (Poly Implant Prothèse).

«Pas d’urgence»

Certains implants sont constitués d’un gel de silicone d’usage industriel. Ils ont été retirés pour cette raison du marché en mars 2010 et peuvent désormais être «explantés» aux frais de la Sécurité sociale, pour prévenir toute inflammation en cas de rupture de la poche. Si jeudi soir, l’Institut national du cancer a évalué qu’il «n’y a pas à ce jour de risque accru chez les femmes porteuses» de ces prothèses suspectes, «en comparaison aux autres prothèses», les risques de cancer, lymphome ou leucémie même sont évoqués.
En déplacement dans la Creuse, le ministre de la Santé, Xavier  Bertrand, a bien précisé hier que le retrait n’est «pas une obligation, mais une recommandation». Et ce «même s’il n’y a pas d’urgence». Les 30 000 Françaises parées de ces prothèses PIP peuvent ainsi revoir leur chirurgien pour programmer l’explantation, «même sans signe clinique de détérioration». Les frais d’opération et d’hospitalisation seront remboursés par l’assurance maladie. Le remplacement par une prothèse saine peut être également pris en charge, mais uniquement pour des patientes qui ont bénéficié de chirurgie réparatrice, après un cancer du sein, par exemple.

En Suisse, contrôle régulier 

Si l’Allemagne attend les préconisations françaises pour réagir, la Suisse et l’Angleterre refusent d’ores et déjà tout retrait préventif de masse. Une disposition jugée en tous points démesurée. Cantonné aux recommandations en vigueur depuis 2010, Swissmedic enjoint les 280 femmes portant un implant PIP dans le pays à se faire contrôler tous les six mois. Porte-parole de l’institut, Daniel Lüthi rappelle que moins de 1% des prothèses de ce type ont posé un problème et qu’une explantation comporte des risques. Au Royaume-Uni, l’agence de surveillance de pro duits médicaux intime aux plus de 40 000 porteuses de «ne pas paniquer». 
Reste qu’à Londres plus de 250  patientes ont porté plainte contre six cliniques, car, d’après leur avocate Esyllt Hugues, «la moitié a eu des ruptures de prothèse» . En Espagne, d’autres ont monté un  collectif, les «Afectadas por prothesis PIP», pour exiger que l’extraction des implants soit remboursée.
Christophe Jacquet  Paris