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CAISSE UNIQUE : BERSET MAL PRIS


Mercredi, 28 décembre 2011

PRESSION La nouvelle initiative pour une caisse maladie publique fait un carton. La gauche attend “son” conseiller fédéral au tournant.

La gauche ne connaît pas la trêve des confiseurs. Hier, le comité de l’initiative «Pour une caisse maladie publique» a annoncé tambour battant avoir récolté suffisamment de signatures (120 000) pour faire valider son texte. Domicilié au siège du Parti socialiste suisse, le comité parle d’un «succès qui montre clairement que la population souffre du fardeau des primes et de la pseudo-concurrence entre caisses». 

«No comment» de Berset

Ce retour par la grande porte du projet de caisse unique réjouit sans doute un peu moins le tout nouveau ministre de la Santé, le socialiste Alain Berset, qui entre en fonction le 1er janvier. Hier, la Chancellerie fédérale a fait savoir au «Matin» que «M. Berset ne souhaite pas s’exprimer sur ce sujet pour l’instant».
On comprend son embarras: une claire majorité du Conseil fédéral s’est toujours opposée jusqu’ici à l’idée de centraliser l’assurance-maladie de base. Mais la gauche met la pression sur Berset pour changer le cours de cette réforme jugée «urgente». C’est en tout cas l’avis du socialiste Pierre-Yves Maillard, concurrent malheureux de Berset lors de l’élection au Conseil fédéral.
«Il faudrait que le Conseil fédéral propose rapidement une réforme du système de financement, par exemple sous la forme d’un contre-projet à notre initiative, parce que les problèmes sont tels qu’ils peuvent difficilement attendre un vote du peuple dans deux ou trois ans seulement. C’est ce que nous pouvons attendre de l’arrivée d’un socialiste à la tête de la Santé», déclare Maillard. Le conseiller d’Etat vaudois peut-il vraiment compter sur son camarade Berset? «Je n’en ai pas encore parlé avec lui, mais je suis à sa disposition. J’espère surtout qu’il donnera tort à ceux qui à droite et chez les assureurs semblent avoir placé des espoirs dans son élection.»
En l’état, Alain Berset n’a pas vraiment rassuré la gauche, lui qui a déclaré après son élection ne même plus se souvenir s’il avait signé l’initiative pour la caisse unique («Le Matin Dimanche» du 18 décembre).
«Sa réponse m’a étonné, car en général, les parlementaires socialistes signent les initiatives du parti», ironise Stéphane Rossini, vice-président du PSS et ex-candidat au Conseil fédéral. Le match entre le nouveau socialiste du gouvernement et son propre camp est désormais engagé.
LUDOVIC ROCCHI