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Incendie aux HUG: la patiente est morte

Le Courrier, Genève lecourrier.ch
Mercredi, 4 janvier 2012

GENÈVE

Un incendie a éclaté lundi peu avant minuit dans une chambre du 5e étage des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). La patiente qui occupait les lieux a été grièvement brûlée. Agée d’une cinquantaine d’années, elle est décédée hier à l’unité des grands brûlés du CHUV, à Lausanne, où elle avait été transférée.
Un membre du personnel qui a porté secours à la femme a quant à lui été sévèrement intoxiqué par la fumée. Une dizaine de malades et sept employés ont également souffert d’avoir respiré l’air vicié. Le feu s’est déclaré au service de psychiatrie des HUG. Au moment de l’incendie, celui-ci comptait quinze patients.
 «C’est le lit de la patiente qui a pris feu», a expliqué le capitaine Nicolas Schumacher, du Service incendie et secours (SIS). Selon le porte-parole de la police genevoise Eric Grandjean, un mégot et un paquet de cigarettes ont été retrouvés sur le sol, près de la tête du lit. L’incendie pourrait ainsi être dû à une négligence, fumer étant interdit dans les chambres des HUG, a poursuivi M.Grandjean. «Dans la mesure d’une amélioration de son état de santé, la police entend auditionner la blessée dans les semaines à venir, afin d’obtenir sa version des faits», écrivait encore la police genevoise hier après midi. Au même moment, la patiente grièvement brûlée se trouvait entre la vie et la mort, faisait savoir Laurent Suppan, médecin- chef des secours aux HUG. Quelques heures plus tard elle succombait, a indiqué Darcy Christen, porte-parole du CHUV. Quant au membre du personnel qui a été gravement intoxiqué, il va s’en sortir, a noté M. Suppan.
R.A

 

NÉGLIGENCE, MAIS DE QUI?

Pierre Brennenstuhl, délégué de la sécurité aux HUG, ayant appris la piste de la négligence par les médias, explique que l’Hôpital rappelle aux patients l’interdiction de fumer dans les chambres, mais qu’il n’est pas «une institution totalitaire». C’est aux patients de respecter cette interdiction et l’hôpital part du principe qu’ils ont, sauf exception, cette capacité de dis- cernement, y compris en unité psychiatrique. M. Brennenstuhl ne peut en revanche confirmer si la patiente décédée hier possédait bien cette capacité de discernement. Il précise encore que le personnel est amené à gérer les effets personnels, notamment en confisquant cigarettes et briquets, par exemple si le patient présente une volonté de créer des ennuis ou face à des états d’ébriété, précise encore le responsable. Comme dans les toilettes des avions, il faut régulièrement rappeler à des patients qu’il est interdit de fumer, continue-t-il. En moyenne, les détecteurs de fumée se déclenchent une fois par jour aux HUG, sans créer d’incident – la cigarette et les patients n’étant pas seuls en cause. Le dernier incendie important remonte à quatre ans, quand le toit de la mater- nité en chantier avait brûlé, heureusement sans provoquer de blessé. RA