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MORTE BRULEE A L’HOPITAL


Mercredi,  4 janvier 2012

Drame un incendie s’est déclaré dans la nuit de lundi à mardi dans une chambre des HUG. La patiente est décédée des suites de ses graves brûlures

Des vitres et des murs noircis, couverts de suie. Une odeur âcre. Un livre brûlé, une bouteille en plastique fondue. Et, surtout, un lit presque entièrement calciné. Autant de témoignages de l’horreur endurée par une patiente des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Le détecteur de fumée de sa chambre du 5e étage, Unité de psychiatrie adulte, a donné l’alerte à 23 h 55 dans la nuit de lundi à mardi. Les portes se sont automatiquement fermées, pour éviter toute propagation du feu. Les services de secours étaient sur place en quelques secondes. Les pompiers quatre minutes après l’alerte. Mais la patiente grièvement brûlée est décédée hier après-midi.

5 à 10 minutes dans le lit en feu

«Les premiers hommes qui ont ouvert la porte ont littéralement été repoussés par un énorme nuage de fumée noire. Ils ont d’abord tenté de pénétrer dans la chambre en rampant au sol. C’est le seul endroit où l’on trouve un peu d’air pur dans ces cas-là», explique Pierre Brennenstuhl, délégué à la sécurité des HUG. «Nos services sont parvenus à extraire la victime de la pièce quand ils sont arrivés», ajoute Nicolas Schumacher, capitaine du Service d’incendie et de secours de la Ville de Genève.
Cette femme d’une cinquantaine d’années a été stabilisée dans le couloir puis héliportée au Centre romand des grands brûlés, au CHUV. Mais, malgré la rapidité des secours, elle a passé entre 5 et 10 minutes dans un lit en feu. La présence d’une chaise roulante, dans la chambre ravagée, semble indiquer que la victime ne pouvait pas fuir seule. Hier, en début d’après-midi, le Centre hospitalier vaudois se montrait pessimiste. «Le pronostic est malheureusement très négatif», expliquait alors le porte-parole Darcy Christen. Qui a dû annoncer le décès en fin d’après-midi.
Un collaborateur de l’hôpital genevois qui a volé au secours de la victime est également blessé. «Il a subi d’importantes inhalations de fumée, mais son état n’est apparemment pas trop inquiétant», selon le service de communication des HUG.
Dès que l’alerte a retenti, les grands moyens ont été déployés aux HUG (voir encadré). L’Unité de psychiatrie a été évacuée ainsi que les personnes soignées à l’étage au-dessus. Soit une trentaine de patients. L’incendie de la chambre 5617.2 a été maîtrisé à minuit et demi. Tous les patients étaient replacés et le plan d’urgence levé à 2 h 30 du matin. «La coordination a été bonne et les secours efficaces, note le capitaine Schumacher. Heureusement, ces cas sont rarissimes. Car la difficulté dans un hôpital vient de la concentration possible de personnes qui ne peuvent pas se déplacer.» La cause de la tragédie? Vraisemblablement une négligence, selon Eric Grandjean, chargé de communication de la police genevoise. «Sur le matelas, le feu a pris au niveau de la tête. Et la police technique et scientifique a retrouvé un paquet de cigarettes ainsi qu’un mégot.» 
RENAUD MICHIELS