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Hôpital tout neuf aux portes de Genève

Tribune de Genève, tdg.ch
Jeudi, 12 janvier 2012

Le Centre hospitalier Alpes-Léman (CHAL) remplacera les hôpitaux de Bonneville et d’Annemasse

Le scanner est en cours d’installation. L’automate est prêt à dégainer pour aller piocher cachets et sirops dans les étagères de la pharmacie. Dans les chambres, il ne manque que les matelas. Quant aux dossiers des patients, leur transfert a déjà commencé. Le Centre hospitalier Alpes-Léman (CHAL) ouvrira le 1er février.
Issu du regroupement d’Annemasse et Bonneville, l’hôpital (de 445 lits) a vu le jour à mi-distance des deux villes, à Contamine-sur-Arve (Haute-Savoie). Après vingt-six mois de travaux, l’entreprise de construction met les bouchées doubles pour tenir les délais.

Un loyer de 12 millions

Car le CHAL est le fruit d’un partenariat public-privé. Le groupe Eiffage assure la conception mais aussi une partie de la maintenance du bâtiment dont il reste propriétaire. Durant trente-deux ans, l’hôpital lui paiera un loyer annuel de 12 à 15 millions d’euros.
Mis en place en 2004, ces partenariats sont décriés. «La formule est expérimentale», reconnaît le directeur du CHAL, Bruno Vincent. «Il ne faut pas laisser s’accumuler les problèmes, poursuit-il. De notre côté, pour le moment, tout se passe comme prévu. Par exemple, le coût décidé, soit 153 millions d’euros hors taxes, est respecté.» Restera tout de même à trouver un million d’euros chaque mois…

Un pari risqué

Autre défi pour le CHAL: s’imposer comme l’hôpital de référence pour les 200 000 habitants de sa zone d’influence (comprenant le Genevois, le sud du Faucigny, Cluses…). En quittant l’agglomération d’Annemasse, l’hôpital public fait un pari. Osé…
«Il n’était plus possible de fonctionner sur deux sites éclatés», indique le directeur. Et de citer l’exemple des patients de Bonneville contraints de se déplacer à Annemasse pour passer un scanner. Le regroupement des structures permet de faire des économies d’échelles. Tout comme la signature hier de la communauté hospitalière de territoire qui lie désormais le CHAL, l’hôpital de Sallanches et celui de Thonon. A titre d’exemple, un laboratoire central situé à Contamine se chargera des analyses les moins urgentes pour les trois établissements.
La création du CHAL permet aussi de renforcer certains services telle la réanimation. Palliant ainsi la fermeture de la réa à Sallanches. Autre point fort: l’amélioration des conditions hôtelières, avec 85% de chambres seules.
Rappelant l’arrivée de l’hôpital privé Savoie Nord à Annemasse, Christian Dupessey, maire de la ville et vice-président du conseil de surveillance du CHAL, pense qu’il existe un risque de voir les patients de l’agglomération délaisser le public pour le privé. «Mais le CHAL est un magnifique outil. Et c’est par la qualité des services qu’il fera la différence», souligne l’édile. «On reste dans une zone périurbaine, estime Bruno Vincent. Et si 40% de la clientèle venait de l’agglomération annemassienne, 60% venaient déjà d’ailleurs.»
Marie Prieur