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Les données des hôpitaux accessibles sur Internet

letemps.ch 
Vendredi, 27 janvier 2012

Santé Les patients peuvent comparer les 166 hôpitaux de soins aigus de Suisse

Depuis le 1er janvier 2012, les patients peuvent choisir librement leur hôpital dans toute la Suisse, parmi une liste d’établissements validés par les cantons. Soit. Mais à quels critères se fier? Aux yeux de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), les assurés doivent pouvoir comparer les différents hôpitaux en fonction de critères d’expérience et de qualité. Dans cette optique de transparence, l’OFSP leur propose désormais de consulter directement sur Internet les données qualitatives de 166 hôpitaux de soins aigus dans tout le pays.
Les indicateurs répertoriés par l’office portent sur 40 pathologies et traitements donnés, tels qu’un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ou un remplacement de l’articulation d’un genou. Y figure le nombre de cas traités par l’hôpital chaque année, pour chacune des pathologies. Divers pourcentages sont également répertoriés, permettant au patient de s’informer, par exemple, sur le taux des césariennes pratiquées, par rapport à l’ensemble des naissances affichées par l’établissement.

Taux de mortalité
Enfin, les tabelles publiées par l’OFSP renseignent également sur le taux de mortalité, en pour-cent, par hôpital et par type d’intervention pratiquée ou de motif d’admission. Ces résultats tiennent compte des facteurs de risque existants, prévient toutefois l’OFSP. Ainsi, «la mortalité effectivement constatée est ajustée en tenant compte de la mortalité à laquelle on pourrait s’attendre en fonction de l’âge et du sexe du patient».
Selon l’OFSP, il existe en effet un lien entre le nombre de cas traités et la mortalité. Le patient qui consulte ces tabelles a donc tout intérêt à prendre en compte la ­fréquence de telle ou telle intervention avant de choisir son hôpital. Reste que ces tableaux, compliqués, doivent être analysés avec une grande prudence, convenait l’OFSP en 2009 déjà, lors de la première publication des indicateurs de qualité uniformes pour le pays. Au besoin, le patient pourra se faire aider par son médecin traitant pour ce qui est de l’interprétation des résultats.
A l’époque, seuls 29 des 129 hôpitaux qui s’étaient prêtés au jeu de la comparaison avaient d’ailleurs accepté la publication de ces résultats. Contraints depuis le 1er janvier de dévoiler ces chiffres, ils se montrent toujours aussi critiques. «Le fait de mesurer la qualité des hôpitaux et de rendre ces résultats transparents est certes positif, souligne Charles Favre, le président de la faîtière des hôpitaux, H+. Mais en l’état, le travail effectué est incomplet. Ne prendre en compte que le sexe et l’âge des patients est réducteur. Car les maladies concomitantes comme le diabète, les affections nosocomiales ou les réhospitalisations sont corrélées aux taux de mortalité.»

Critiques
La publication de ces données s’inscrit dans le cadre de la réforme du nouveau mode de financement hospitalier, entré en vigueur le 1er janvier. Elément central de cette réforme, les séjours hospitaliers ne sont désormais plus rémunérés en fonction de leur durée ou du nombre d’actes thérapeutiques. Mais au moyen de forfaits.
Ces forfaits, liés aux prestations, se basent sur les diagnostics médicaux et les interventions qui ont motivé l’hospitalisation des patients. Ainsi, le coût d’une opération de l’appendicite est calculé de la même manière dans toute la Suisse, pour des patients présentant des données médicales et démographiques similaires. Le but de ce système est de rendre les prestations et la qualité des hôpitaux plus transparents et donc faciles à comparer. Et, par conséquent, d’accroître la concurrence entre les établissements.
Valentine ZUBLER