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Que faire face à l’afflux de médecins?

Tribune de Genève, tdg.ch 
Mardi, 31 janvier 2012

L’éditorial

En un mois, les médecins spécialistes ont été deux fois plus nombreux à obtenir l’autorisation d’ouvrir un cabinet privé à Genève que durant toute l’année 2011. C’est la conséquence de la fin du moratoire qui limitait, depuis 2002, les nouvelles installations. Une conséquence logique, prévisible, mais manifestement mal préparée.
La clause du besoin avait été décidée alors que la Suisse craignait un afflux de médecins européens après la signature des accords bilatéraux. On pensait concurrence forcenée, hausse de la consommation médicale, augmentation des coûts de la santé. Déjà.
Pendant des années, à Genève, les médecins ne se sont plus installés qu’au compte-gouttes, attendant leur tour sur une liste d’attente. Nombreux étaient ceux qui s’accordaient pour dénoncer une mesure inefficace et injuste à l’égard des jeunes médecins. Bon an, mal an, Genève s’est pourtant accommodé d’un système qui lui a permis de contrôler les coûts tout en essayant de répondre aux besoins médicaux de la population.
Aujourd’hui, le barrage est levé et c’est l’afflux. Même ceux qui ne désirent pas forcément se lancer dans une pratique privée préfèrent se munir du précieux sésame par précaution, redoutant de nouvelles mesures contraignantes.
En réalité, la fin du moratoire n’enchante personne. Une offre pléthorique ne satisfera ni les médecins, dont le revenu pourrait s’effriter, ni les patients, qui ne sauront peut-être plus vers qui se tourner et qui risquent de voir leurs primes s’envoler.
Le conseiller d’Etat Unger se dit «tout nu» face à Berne. Lorsque Genève a demandé à la Confédération de maintenir un contrôle sur les installations, cela lui a été refusé à trois reprises. Un dossier de plus dans lequel le Canton plaide l’impuissance. Elle est peut-être réelle, mais face à un problème vieux de dix ans, on espère qu’on n’attendra pas autant pour réagir.
Sophie DAVARIS