La cherté d’Hôpital neuchâtelois sous la loupe
Vendredi, 3 février 2012
Les indicateurs de l’OFSP mettent en évidence des effectifs élevés au regard du volume d’activité. Le multisite en cause.
Les coûts hospitaliers neuchâtelois font partie des plus élevés de Suisse. Dans son plan stratégique, le conseil d’administration d’Hôpital neuchâtelois souligne que la valeur de l’indice de référence, le point APDRG, pour les soins aigus s’élève à 11 800 francs dans le canton contre 9800 pour les hôpitaux latins non universitaires. Surcoût annuel: 29 millions. Cette différence n’a jamais été détaillée. La ministre de la Santé, Gisèle Ory, évoque l’effet d’une convention collective de travail (CCT) attractive. Elle souligne aussi le rôle de «l’organisation opérationnelle d’HNE» mais rejette que le multisite soit responsable du surcoût. Un discours qui tranche avec celui du directeur d’HNE, Laurent Christe. Le spécialiste estime qu’une concentration sur un site permettrait «de réduire les coûts de 10%, soit environ 200 équivalents plein temps (EPT)».
Publiée la semaine dernière par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), la dernière édition des «Indicateurs de qualité pour les hôpitaux suisses»* donne un éclairage intéressant sur la question. Pour la première fois, l’étude prend en compte l’ensemble des 166 hôpitaux de soins aigus du pays (LT du 27.01.2012). Une exigence de transparence imposée par la loi sur l’assurance maladie entrée en vigueur le 1er janvier 2009.
Les chiffres clés mettent en évidence le coût élevé d’HNE au regard de son activité de soins aigus. En 2009, les sites de Neuchâtel et de La Chaux-de-Fonds occupaient 1602 EPT (médiane suisse: 1364) pour 302 lits (médiane: 354). Le personnel total pour 100 hospitalisations était de 10,9 EPT (médiane: 8,9). Les charges d’exploitation s’élevaient à 263 millions (médiane: 242 millions).
L’exemple valaisan
Le parallèle avec l’hôpital de Sion est plus parlant encore. L’établissement valaisan présente un nombre d’EPT (1649) et des charges d’exploitation (249 millions) assez proches d’HNE. La grande différence se situe au niveau du volume d’activité: Sion (444 lits de soins aigus) a recensé 145 592 journées d’hospitalisation en 2009; HNE à peine plus de 100 000. En clair: le canton de Neuchâtel paye plus cher que le Valais pour un hôpital qui compte 140 lits de moins. Un tel décalage ne peut s’expliquer que par l’organisation multisite, extrêmement gourmande en ressources humaines.
Malgré cette situation difficile, le plan stratégique qui sera proposé au Grand Conseil ne prévoit aucune économie. Pis: sa mise en œuvre n’a pas été chiffrée alors même que le Conseil d’Etat avait renvoyé, pour cette même raison, une première version du plan au conseil d’administration d’HNE. S’il passe la rampe, le plan Ory devrait péjorer une situation déjà délicate: le plan financier prévoit une hausse importante des coûts d’ici à 2015, de 327 à 353 millions (+8%).
Pierre-Emmanuel Buss
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