< | >

On ne votera pas sur l’initiative des médecins

Cet article a plus d'un an, les informations pourraient être perimées. Merci d'en tenir compte.

Le Courrier, Genève lecourrier.ch 
Samedi, 24 mars 2012

Assurance-maladie

L’Association des médecins genevois (AMG) et les membres de la Fédération des médecins suisses (FMH) qui s’étaient ralliés à son projet ont dû se rendre à l’évidence: l’initiative «pour la transparence de l’assurance-maladie » qui voulait introduire une stricte séparation entre l’assurance de base obligatoire et les complémentaires ne sera pas soumise au peuple. A quelques jours du délai imparti pour la récolte des signatures, le comité ne dispose que de 61000 paraphes alors qu’il en faut au minimum 100000.

Le soutien est venu essentiellement de Suisse romande. «Nos relais en Suisse alémanique ont fonctionné en deçà de nos espérances», reconnaît le président de l’AMG Pierre- Alain Schneider. Le répit ne sera cependant que de courte durée pour les assureurs. Les socialistes déposeront en mai leur initiative pour la caisse publique. Organisés de façon plus militante, ils n’ont eu aucun mal à réunir les signatures requises. Le projet des médecins demandait que les assureurs actifs dans le domaine de l’assurance de base ne soient pas autorisés à proposer des assurances complémentaires. «Le système actuel entraîne une confusion des rôles», souligne Pierre- Alain Schneider. Il fait le jeu des assureurs en favorisant la sélection des risques.» Les initiants n’ont pas eu beaucoup de peine à convaincre les Romands qu’une plus grande transparence était nécessaire. «Les gens sont scandalisés par les surprimes payées dans les cantons de Vaud et de Genève. La récente affaire de la caisse EGK, qui augmente ses primes en cours d’année, n’a rien fait pour arranger les choses. Par contre, une attitude plus libérale continue à prévaloir outre-Sarine.»

L’échec de l’initiative à ce stade de la procédure peut surprendre dans la mesure où, dans un autre domaine, les médecins ont facilement réussi à faire aboutir le référendum contre les réseaux de soins intégrés. Le conseiller national Stéphane Rossini, vice-présidente du parti socialiste, met ce résultat sur le compte d’une organisation trop genevoise. «Il faut une structure nationale pour faire aboutir une initiative. Je regrette ce revers qui risque d’affaiblir une problématique importante. L’initiative aurait pu ouvrir un beau débat. Tactiquement, cela aurait été intéressant de pouvoir en discuter parallèlement à notre projet qui propose une solution plus carrée.»

Car les deux modèles ne sont pas très éloignés l’un de l’autre. La caisse publique unique voulue par les socialistes entraînerait elle aussi une stricte séparation des domaines d’activité puisque les caisses seraient contraintes de se concentrer sur les assurances complémentaires. Dans ces conditions, la solution des médecins pourrait resurgir lors des débats parlementaires sous forme d’un contre-projet à l’initiative du PS. Une idée de ce type avait déjà été émise par la FMH lors des débats sur la première initiative pour la caisse unique.
Christiane IMSAND