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Le docteur « Tal » Schaller ne fait pas rire la justice

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vendredi 2 juillet 2004


Les thèses du médecin genevois Christian « Tal » Schaller embarrassent toujours autant les autorités françaises. Le fondateur des Editions Vivez Soleil, auteur de nombreux ouvrages de référence sur les méthodes naturelles telles que l’urinothérapie (Amaroli), était à nouveau convoqué par le Tribunal correctionnel de Valence, la semaine dernière. Une cinquantaine d’adeptes des médecines nouvelles étaient venus apporter leur soutien au naturopathe qui conserve un pied-à-terre à Thônex, il propose toujours des « sessions privées ».

La justice française reproche au médecin, âgé de 60 ans, et à son épouse, Johanne Razanamahay, d’avoir organisé des stages dans leur propriété de Pierrelate dans la Drôme, alors que depuis août 2000, les deux époux sont sous le coup, pour cinq ans, d’une « interdiction d’animer des séminaires sur la santé ». Pour ne pas avoir respecté cette obligation, le procureur de la République de Valence a demandé, outre une amende de 20 000 euros, d’élargir l’interdiction d’organiser des stages sur la santé aux séances de thérapie individuelle. « Ce qui revient à m’interdire de vivre et à me faire comprendre que je suis indésirable sur le territoire français », proteste le médecin. Le jugement sera rendu à la fin du mois d’août.

La rumeur sur l’OTS

Pour sa défense, Christian « Tal » Schaller, animateur du réseau « Santé globale » a expliqué qu’il n’accueillait plus de groupes mais qu’ il continuait de recevoir des visiteurs seulement pour des entretiens individuels. Son avocat, Me Jean-Pierre Joseph, défenseur de Maïté Castano (Horus), également représentant de l’Omnium des libertés au procès de Michel Tabachnik, a dénoncé un nouvel acharnement judiciaire des autorités françaises contre les thérapeutes indépendants. « Cela fait des années que ça dure », explique le médecin genevois, joint hier par téléphone. « On est victime en France d’une rumeur qui date de 1997 et qui a conduit les autorités françaises à nous soupçonner de dérives sectaires », poursuit-il.

Les premiers ennuis du médecin ont commencé après la découverte du massacre de seize membres de l’Ordre du Temple solaire (OTS) dans le Vercors en décembre1995. Enoctobre1997, le domicile de Christian « Tal » Schaller est perquisitionné à la demande du juge grenoblois Luc Fontaine. Après deux jours de garde à vue, le médecin est relâché. Les seules charges retenues contre lui sont des infractions sur la législation du travail. « On s’ est intéressé à moi parce que, comme Luc Jouret, j’exerçais à Annemasse et à Genève et que j’étais médecin homéopathe. On a fait des amalgames. Le dossier était monté de toutes pièces. j’étais complètement étranger à cette affaire. J’ai seulement déjeuné une fois avec Jouret, cela a duré deux heures, c’est tout. Depuis, j’ai été blanchi, mais on continue à me persécuter en cherchant n’importe quel prétexte », explique « Tal » Schaller. Et de poursuivre: « On ne s’ attaque pas à moi pour ce que je fais mais pour ce que je suis. En fait, j’ai compris que la justice n’a pas changé depuis Philippe le Bel qui avait demandé de condamner tous les Templiers sans chercher à savoir ce qu’ ils avaient fait. »

« Urinothérapie et rirothérapie »

S’il a des ennuis avec la justice ou les autorités françaises qui se sont refusées à lui accorder un permis de construire dernièrement, le médecin genevois a conservé toute son aura auprès de la clientèle des médecines alternatives. « Tal » Schaller est l’un de ceux qui ont lancé la « rirothérapie » en France et en Suisse grâce à un reportage diffusé sur France2 en mai 2003. Mais le médecin genevois ne fait pas rire tout le monde. Les autorités françaises s’inquiètent de voir ses autres théories gagner du terrain et notamment celles sur les vertus thérapeutiques de l’urinothérapie. En Afrique, certains pays comme le Cameroun ont dû prendre des mesures afin de stopper l’engouement de la population pour ce « médicament miracle ». Le médecin se défend en affirmant que l’on s’ est toujours soigné en buvant son urine. « C’e n’est pas farfelu. C’est une thérapie millénaire qu’ on avait mise de côté depuis cinquante ans », soutient « Tal » Schaller qui affirme défendre une approche purement holistique de la santé. « Je n’ai jamais dit qu’ il fallait se détourner des médecines classiques mais qu’ il fallait faire cohabiter toutes ces méthodes », poursuit-il.

ALAIN JOURDAN

Le docteur Christian « Tal » Schaller a créé, puis dirigé la Fondation Soleil dont le siège se trouvait à Chêne-Bourg. S’il a des ennuis avec la justice française, le médecin genevois a conservé toute son aura auprès de la clientèle des médecines alternatives.

La saga commence à Genève

Avant de s’installer en France, le docteur Christian «Tal» Schaller a créé, puis dirigé de 1974 à 1994, la Fondation Soleil dont le siège se trouvait à Chêne-Bourg. Destinée à promouvoir une meilleure hygiène de vie, l’association est reconnue d’utilité publique. Le succès est immédiat. Le médecin genevois, qui a constitué autour de lui une équipe pluridisciplinaire, explore de nouvelles pratiques médicales. Autrement dit, des thérapies alternatives qui rencontrent un vrai succès tant auprès du public qu’auprès des praticiens de santé.

La fondation, qui a pour objectif «l’éducation au bien-être physique et psychique», forme des pédagogues et offre de nombreux services au public: cours, livres, ateliers, bureau d’information santé. L’entreprise vit de dons, de legs et de prêts. La Fondation Soleil possède quatre propriétés lorsqu’éclate une violente polémique sur le train de vie de son fondateur. Christian Tal Schaller est contraint de rendre des comptes. En 1986, l’association, qui emploie jusqu’à une cinquantaine de personnes, traverse alors une période de difficultés financières dont elle ne se relèvera pas. Les déficits accumulés atteignent alors plus de 10 millions de francs.

A. J

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