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La dépression se soigne en méditant

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Lundi 12 septembre 2005

SE RECENTRER De plus en plus de femmes ont les nerfs qui craquent. Une nouvelle méthode, sans médicaments, permet de prévenir les graves crises à répétition.

Personne n’est à l’abri d’une dépression. Imaginez ! Sur dix femmes, deux toucheront les bas-fonds au moins une fois dans leur vie (contre un homme sur dix). Et 50% feront une rechute. Voire plus. Pour s’en sortir, il existe différents moyens: les antidépresseurs, la psychothérapie. Ou la méditation… En effet, une nouvelle méthode, basée, entre autres, sur la pleine conscience, nous vient du Canada et de Grande-Bretagne. Alors en quoi consistet-elle ? Quelle est son efficacité ? Le point avec le Dr Guido Bondolfi, psychiatre spécialiste du programme « Dépression » des Hôpitaux universitaires de Genève.

– Comment la méditation peut-elle éviter une dépression ?

– En aidant le patient à recentrer son attention sur le moment présent. Plutôt que de se laisser sombrer dans un état de tristesse ou de rumination, le patient apprend à se concentrer sur quelque chose de neutre. Sa respiration, par exemple.

– Pour y parvenir, faut-il une grande spiritualité ?

– Pas du tout. Le programme, basé sur la thérapie cognitive et la méditation de type mindfulness, qui signifie pleine conscience, ne requiert pas de compétences particulières. Chacun peut pratiquer avec un peu d’entraînement. Un exemple tout simple consiste à goûter un grain de raisin en prenant conscience de toutes ses sensations. Un autre exercice consiste à marcher en pleine conscience. Le programme d’apprentissage se fait sur huit semaines, à raison de deux heures de cours hebdomadaire dans des groupes d’une dizaine de personnes.

– L’efficacité est-elle garantie ?

– On parvient à diminuer de moitié le risque de rechute chez les personnes qui ont fait au moins trois dépressions. L’efficacité semble moindre après un ou deux épisodes de dépression. On ne sait pas exactement pourquoi.

– Le but: effacer les idées noires ?

– Non, il ne faut surtout pas essayer de fuir ses pensées noires, mais plutôt d’apprendre à rester à côté du cyclone en se recentrant, sans jugement de valeur.

– De quoi dépend le succès du programme ?

– De la régularité de l’entraînement. Il est important de pratiquer cette méthode tous les jours. Et à long terme.

Pascale Bieri

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