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«Une alerte cardiaque, ça vous tombe dessus subitement, comme un orage!»

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Samedi, 8 mars 2008

Lully ● Le groupe broyard Atout Cœur réunit des patients victimes de problèmes cardiaques. Ils y échangent leurs problèmes et pratiquent des exercices de gym.  


«Cette nouvelle acquisition va nous permettre d’effectuer nos marches de façon plus rassurée.» Sur la table, un défibrillateur automatique d’une valeur de 3000 francs a été offert à Atout Cœur par la Loterie romande. Recensant une soixantaine de membres actifs issus de la Broye tant vaudoise que fribourgeoise, ce groupe de maintenance et de prévention des affections cardio-vasculaires existe depuis 1995. «Nous organisons des activités sportives hebdomadaires et deux marches d’une journée en moyenne montagne», explique son nouveau président Bernard Huguet, de Lully.

Partager les problèmes
Du coup, avoir à portée de main, un appareil qui permet de sauver la vie d’une personne qui s’effondre durant l’effort, c’est précieux. «Ce défibrillateur est totalement fiable. Il est d’ailleurs diffusé de façon de plus en plus large dans les lieux publics: cinémas, gares ou aéroports par exemple», souligne le président. «Cet appareil ne vous envoie pas de choc si ce n’est pas justifié», précise encore le Dr Raymond Maendly, cardiologue. «Une alerte cardiaque, cela vous tombe dessus comme un orage, poursuit-il. C’est subit, on ne le voit pas venir. En une seconde, on passe du statut de bien portant à celui de malade menacé.»

Les membres d’Atout Cœur se réunissent donc pour «partager leurs problèmes». Et traquer la récidive. En groupe, c’est plus facile de se motiver à pratiquer un peu de sport. «Lorsqu’on est cardiaque, on met en pratique la devise: «Va et découvre ton pays.» On sillonne tous les recoins de la région», explique la vice-présidente, Angèle Conus, de Romont. «Et on ne fait pas que du plat!», insiste le secrétaire Alex Cornu de Payerne. «Mais la notion de compétition est à bannir et les exercices sont adaptés à nos maladies», ajoute Angèle Conus.

«Malheureusement notre groupe prend de l’âge, déplore Bernard Huguet. La moyenne d’âge doit ainsi se situer entre 65 et 68 ans. C’est pourquoi nous cherchons aujourd’hui à recruter de nouveaux membres.» Séduisant les individualistes, le fitness est une concurrence pour Atout Coeur. Certains hésitent aussi à rejoindre le groupe par manque de temps. «Les techniques interventionnelles sont en outre tellement efficaces qu’on en oublie la prévention», s’inquiète le Dr Maendly.

Une conférence en avril
Pour sensibiliser les gens, Atout Cœur organise, chaque année, une conférence tout public. La prochaine aura lieu en avril au Gymnase intercantonal de la Broye. «Excellent communicateur», le Dr Roger Darioli, professeur associé à la Policlinique médicale universitaire (PMU) du CHUV à Lausanne, membre du Conseil de la Fondation suisse de cardiologie et vice-président de la Société suisse de diététique et nutrition s’y exprimera sur le thème «Prendre plaisir à table et vieillir en bonne santé.» Un thème alléchant et, peut-être, salvateur.

La conférence du professeur Roger Darioli sera donnée le jeudi 24 avril, à 20 h, à l’aula du Gymnase intercantonal de la Broye (GYB), à Payerne.

éviter la récidive
«Mon souci, en ouvrant mon cabinet, était de ne pas lâcher les malades dans la nature avec des médicaments et quelques bonnes paroles.» Cardiologue à Payerne depuis 1985, le Dr Raymond Maendly aura dû attendre 1995 pour constituer le groupe de maintenance Atout Cœur en collaboration avec un noyau de bénévoles animé par le premier président, Francis Volery, d’Aumont. «Dans ce cadre, les personnes sorties des cliniques de réadaptation pratiquent chaque jeudi de la gym, de la natation, du yoga ou de la relaxation, encadrées par des moniteurs diplômés», relève le président Bernard Huguet. Et une quarantaine de marches sont organisées chaque année avec des accompagnants, médecins ou infirmières. Un encadrement bénévole mis en place en interaction avec le HIB.

Première cause de mortalité en Suisse, les maladies cardio-vasculaires peuvent être combattues en supprimant de mauvaises habitudes: «Arrêter le tabac, surveiller son assiette ou mieux gérer son temps», souligne le cardiologue payernois. «Malgré des opérations délicates, des soins attentifs et des médicaments appropriés, le risque de récidive est toujours présent», prévient Bernard Huguet.
Francis Granget

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