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Antidépresseurs: les alternatives efficaces

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Dimanche, 21 septembre 2008

La méditation donne de très bons résultats chez les personnes souffrant d’anxiété, d’agoraphobie, de stress chronique, de dépression. «La réduction du stress basée sur la pleine conscience est une technique de soin qui permet de mobiliser le système parasympathique, source du calme, au détriment du système sympathique, source du stress», explique le psychiatre Frédéric Rosenfeld (auteur de «Méditer, c’est se soigner», Les Arènes, 2007).


Une variante de cette méthode, la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience, permet d’éviter les rechutes chez les patients ayant connu un épisode dépressif. Il s’agit d’une alliance d’exercices de yoga et de méditations zen et vipassana. Les patients sont réunis en groupe d’une vingtaine de personnes, deux heures par semaine pendant huit semaines.

Richard Davidson, professeur de psychologie à l’université du Wisconsin, aux Etats-Unis, a observé que l’activité de certaines zones du cerveau gauche (dédiées aux émotions positives) augmente considérablement chez des sujets entraînés à la méditation, dès deux mois de pratique quotidienne. Une fois installés, les effets de la méditation perdurent longtemps et diminuent le pourcentage de récidives dépressives de plus de moitié.

L’activité physique
Bouger son corps est bon pour l’esprit. L’effort physique prolongé (de vingt à trente minutes) permet d’enrayer, au moins provisoirement, le flot incessant des ruminations, angoisses et soucis. Cet effet est dû à la modification de la vascularisation pendant l’effort, qui favorise des pics d’hormones psychologiquement stimulantes: endorphines et dopamine (neurotransmetteur essentiel du mouvement et du plaisir). «L’activité physique devrait être proposée dans toute prise en charge de la dépression», recommande l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dans un rapport de mars 2008 (à lire sur www. inserm. fr). Depuis quelques années, les preuves se multiplient. Une étude réalisée sur 156 personnes atteintes de dépression montre que celles qui ont pratiqué trente minutes de jogging par semaine, en plus ou à la place de la prise d’antidépresseurs, sont moins nombreuses à rechuter que celles qui ont simplement pris des médicaments.

La luminothérapie
La lumière influence notre humeur. Alors qu’en été, la luminosité peut atteindre 100 000 lux, en hiver, elle devient insuffisante et peut descendre jusqu’à 500 lux. Résultat, le cerveau s’emballe et se met à sécréter trop de mélatonine (neurotransmetteur qui régule nos rythmes biologiques). Pour recaler notre horloge, il suffit de s’exposer à une source lumineuse intense adaptée: la lumière pénètre dans l’œil via la rétine et va frapper l’épiphyse, qui freine la production de mélatonine.

Souveraine contre la dépression saisonnière, qui touche entre 10 et 20% de la population, la luminothérapie est également indiquée pour soulager d’autres symptômes associés au dérèglement de l’horloge biologique interne, notamment les troubles du sommeil ou le syndrome prémenstruel. Elle est aussi utilisée pour traiter d’autres types de dépression: celle qui survient après un accouchement ou celle qui touche les personnes âgées.

La cure thermale
Au programme: bains, douches, massages, associés à des séances de relaxation, d’ergothérapie et de psychothérapie. Grâce à ses propriétés antispasmodique et antalgique, sédative et vasodilatatrice, «la cure thermale à orientation psychosomatique agit sur les troubles anxieux, les troubles du sommeil, les dépressions légères à modérées dites réactionnelles», indique Olivier Dubois, psychiatre et médecin thermal. De plus, en améliorant l’immunité et les rythmes du sommeil, et en normalisant certains facteurs (tension artérielle, rythme cardiaque, etc. ) impliqués dans les mécanismes du stress, le thermalisme permet de réduire la consommation d’anxiolytiques, de somnifères ou d’alcool.

L’acupuncture
«En cas d’anxiété, de stress et de troubles dépressifs, l’acupuncture stimule le système parasympathique au détriment du sympathique, générateur de stress. Elle favorise ainsi la cohérence du rythme cardiaque et nous conduit vers le bien-être émotionnel», explique le psychiatre David Servan-Schreiber dans son livre «Guérir» (Pocket, Evolution, 2005).
L’efficacité de l’acupuncture dans le traitement de la dépression serait équivalente ou supérieure à celle du Prozac, affirme un article de la très sérieuse revue chinoise Chinese Acupuncture Moxibustion en 2008.

Le millepertuis
Connu depuis l’Antiquité pour soigner les blessures de l’âme, le millepertuis (Hypericum perforatum) est utilisé depuis vingt ans en Allemagne, où il est davantage prescrit que les antidépresseurs pour venir à bout des dépressions légères et transitoires et des problèmes d’humeur. Comme le Prozac – les effets secondaires et l’accoutumance en moins –, le millepertuis a la faculté d’augmenter notre taux de sérotonine, un messager chimique qui permet au cerveau de réguler le sommeil, l’appétit et l’humeur, et dont le déficit peut provoquer la dépression. Attention toutefois, cette plante a de puissants effets et de nombreuses contre-indications existent. Notamment avec la pilule contraceptive, mais également avec certains médicaments immunosuppresseurs, anticoagulants ou encore antirétroviraux. Mieux vaut demander conseil à son pharmacien ou à son médecin, et éviter de commander du millepertuis sur Internet.

Les oméga-3
Le champ d’application des oméga-3 n’en finit pas de s’étendre: dépression, troubles bipolaires, baby blues, syndrome dépressif chez l’enfant… Dans la famille des oméga-3, l’acide eicosapentaénoïque (EPA) agit sur la fluidité des membranes des cellules du cerveau, et favorise la bonne diffusion des hormones du bien-être (sérotonine, endorphine). Pour obtenir un effet antidépresseur, il faut en consommer entre un et deux grammes par jour. En revanche, les oméga-3 sont contre-indiqués en cas de traitement anticoagulant ou de prise d’aspirine, dont ils peuvent accroître les effets.
Céline Dufranc et Isabelle Taubes

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