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Les réserves fondent à vue d’œil

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Mardi,
27.01.2009

caisses-maladie ● On attend les résultats 2008, mais le cri d’alarme est lancé: la branche aurait perdu 1,6 milliard. Hausses de primes à prévoir.


 Après les banques, faudra-t-il bientôt voler au secours… des caisses-maladie? Les résultats 2008 seront connus dans les jours à venir. A en croire les avertissements des assureurs eux-mêmes, l’ensemble des caisses auraient perdu 1,6 milliard l’an dernier. Ce qui ne les mettrait pas en faillite, mais les obligerait – ou plus exactement certaines d’entre elles – à de massives augmentations de primes l’automne prochain.

Les primes augmenteront
La sonnette d’alarme avait été tirée au début janvier par le conseiller national Claude Ruey, nouveau président de santésuisse. Hier dans la «Berner Zeitung», le porte-parole de cette même organisation, Felix Schneuwly, admettait l’existence d’un document interne qui prévoit des hausses jusqu’à 20% «dans le pire des cas».
Que s’est il passé? Les pouvoirs publics, Pascal Couchepin en tête, ont exigé que les caisses puisent davantage dans leurs réserves. Les primes ne couvrent donc plus les coûts. Il est vrai que ces réserves avaient encore augmenté en 2007, alors même que les caisses ne cessaient de peindre le diable sur la muraille.
Mais ce déficit annoncé a subi un brutal coup d’accélérateur avec la crise financière: une partie des réserves des caisses est en effet placée en bourse, et la crise va laisser des traces. En 2007, par exemple, le groupe Helsana, premier assureur de Suisse, annonçait un rendement de 63 millions sur ses placements. Pour l’ensemble de la branche, les bénéfices des placements dépassaient les 210 millions, un rendement impossible à réaliser en 2008.

«Tous dans le pétrin»
De fait, le «SonntagsBlick» croit savoir qu’Helsana annoncera cette semaine une perte globale de 120 millions dans l’assurance de base. La CSS, deuxième assureur du pays, devrait avouer un résultat négatif de 50 millions. «Toute la branche est dans le pétrin. C’est pourquoi les augmentations de prime supérieures à 10% sont inévitables», annonce le chef des finances d’Helsana, toujours dans «SonntagsBlick».
Tout le monde va mal, vraiment? Principal assureur romand, le Groupe Mutuel – qui est aussi un poids lourd au niveau suisse – doit encore peaufiner ses résultats pour 2008. Mais il y aura déficit, nous dit son responsable de la communication, Yves Seydoux.

Le bas de laine se vide
Ce déficit reste cependant supportable: «Avec ces pertes, nos réserves se réduiront à 20% à la fin 2008, contre 24,7% en 2007», dit Yves Seydoux. Si aucune mesure n’est prise au niveau fédéral pour limiter la hausse des coûts de la santé, ces réserves tomberont à 17% à la fin de cette année. Une baisse brutale, donc, mais le Groupe Mutuel garderait un taux très supérieur au minimum de 10% exigé par la loi pour les grands assureurs. «Nos perspectives sont plutôt bonnes, c’est vrai, mais tout le monde ne peut pas en dire autant. Et quand vous tombez en dessous du minimum exigé, les augmentations sont brutales.» Fin 2007, les réserves d’Helsana dépassaient légèrement les 17%, celles de la CSS les 16%. Cela suffira pour amortir les mauvais résultats de cette année, mais le bas de laine pourrait se vider plus vite que prévu.
«Des augmentations de prime supérieures à 10% sont inévitables», annonce Helsana.
Patrice Favre

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