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Les tiques attaquent, protégez-vous!

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Tribune de Genève, tdg.ch
Jeudi, 18 juin 2009

Les vampires des bois peuvent transmettre deux maladies à l’homme

Neuf!C’est le nombre de tiques que Vincent Jordan, amateur de balades et de VTT, a dénombré sur son corps après une agréable promenade du côté de Chavornay (VD). «J’étais dans la réserve naturelle du Creux de Terre, explique-t-il. J’y suis allé un peu en touriste: je ne portais qu’un short et une chemise, mais je ne pensais pas me faire agresser à ce point!»
Malgré cette attaque en règle, Vincent Jordan s’en tire bien. Non seulement il est parvenu à retirer rapidement toutes ces assoiffées de sang (avec l’aide de son épouse), mais le trentenaire était aussi protégé contre l’encéphalite à tiques. «Je me suis fait vacciner l’an dernier sur conseil d’une amie, vu que je fais beaucoup de VTT.»
Une précaution recommandée à toutes les personnes fréquentant la plaine de l’Orbe, le sud du lac de Neuchâtel et de Bienne et, plus généralement, le nord de la Suisse (*), où l’encéphalite à tiques est endémique selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Le canton de Genève est épargné. Mais des tiques infectées peuvent y transmettre une autre maladie, la borréliose ou maladie de Lyme (voir ci-contre) qui, elle, est présente dans tout le pays.

A des altitudes toujours plus élevées

«Les tiques sont présentes dans toute la Suisse jusqu’à environ 1500 mètres d’altitude. Elles se positionnent sur les herbes et les broussailles. Elles ne tombent pas des arbres. Elles sont rares dans les jardins bien entretenus et dans les forêts monospécifiques de conifères», rappelle l’OFSP dans un document datant de janvier.
«En 2006, il y a eu une explosion des cas d’encéphalite à tiques dans plusieurs pays d’Europe, rappelle Lise Gern, directrice de recherche au sein du Laboratoire d’éco-épidémiologie des parasites de l’Université de Neuchâtel. Cette flambée semble être liée surtout au comportement des gens, qui ont davantage fréquenté les forêts cette année-là à cause de la chaleur, plutôt qu’à une augmentation significative des populations de tiques. Toutefois, dans certaines régions de Suisse, on retrouve des tiques à des altitudes de plus en plus hautes ces dernières années.»
«Plus la tique reste longtemps dans la chair, plus le risque de transmission de la bactérie responsable de la maladie de Lyme est grand, précise Lise Gern. Dans les vingt-quatre heures suivant la morsure, ce risque est minime. Raison pour laquelle il faut retirer l’animal le plus rapidement possible. Cela dit, la transmission de l’encéphalite à tiques peut se faire immédiatement, au moment de la morsure.»
Baisse du nombre d’encéphalites

L’OFSP estime à 3000 le nombre de personnes atteintes chaque année par la borréliose de Lyme. Tandis que la fréquence des encéphalites est redescendue à une moyenne de 110 à 130 cas annuels contre 200 à 250 cas répertoriés entre 2005 et 2006.
(*) Plus d’infos: commander la brochure gratuite à l’Institut de biologie de l’Université de Neuchâtel: tél. 032 718 30 00 ou par e-mail: secretariat.biologie@unine.ch
YSEULT  THÉRAULAZ ANNE-MURIEL BROUET

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