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Une bactérie artificielle a permis de mieux comprendre le fonctionnement de la flore intestinale

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Tribune de Genève, tdg.ch
Vendredi, 25 juin 2010

Les travaux de chercheurs de l’Université de Berne pourraient amener à modifier la composition et l’administration des vaccins par voie orale.

Grâce à une bactérie élaborée de toutes pièces, des scientifiques de l’Université de Berne sont parvenus à expliquer plus largement le fonctionnement du système immunitaire intestinal. Les mécanismes mis à jour pourraient amener à modifier la composition et l’administration des vaccins par voie orale.
Le système immunitaire de l’intestin est très particulier. Il ne réagit pas seulement à des agents pathogènes mais surtout à des bactéries «pacifiques» utiles, c’est-à-dire à la flore intestinale. Les chercheurs qui publient leurs travaux dans Science sont partis de l’idée que la réponse immunitaire est de première importance pour l’équilibre bactérien de l’intestin et du corps.

Une mémoire différente
Pour définir plus précisément cet équilibre, les chercheurs ont effectué des mutations sur une bactérie commune, l’ont fait vivre quelques heures dans l’intestin, puis lui ont fait quitter les lieux rapidement. La bactérie transformée suscite dans l’intestin exactement la même réponse immunitaire que les bactéries normales, mais elle est incapable de se multiplier. Ainsi, sa colonisation a pu être exactement dosée.
Résultats: le système immunitaire intestinal sait «compter». Il semble en effet que ce qui détermine la réponse immunitaire soit la somme totale des bactéries. En outre, il est plutôt «oublieux». Le système immunitaire intestinal réagit avec une réponse spécifique à la nouvelle bactérie modifiée, mais cette réponse est vite «oubliée» après la disparition de la bactérie en question.
Selon les chercheurs, ces travaux montrent que l’intestin a un système immunitaire différent de celui du reste du corps, plus précisément «qu’il a une mémoire immunologique différente». Cette découverte pourrait modifier le développement des vaccins administrés par voie orale. Selon Siegfried Hapfelmeier, de l’UNIBE, il se peut que les bactéries étrangères mais inoffensives ne suscitent dans l’intestin que des réponses immunitaires relativement courtes et ne stimulent guère la mémoire immunitaire. Les futurs vaccins par voie orale devraient dès lors être tant que possible semblables à un pathogène, selon Hapfelmeier.
(amb avec ap)

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