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Un tiers des étudiants se destinant à la médecine n’ont pas le niveau

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Tribune de Genève, tdg.ch
Samedi-Dimanche, 4-5 septembre 2010

SÉLECTION L’Université a mis en place un test d’aptitudes obligatoire mais non éliminatoire. Il constitue un critère d’admission pour plusieurs facultés suisses alémaniques.

Un tiers des étudiants inscrits en première année de Médecine ne sont pas aptes à suivre ce cursus. C’est le résultat du test de logique obligatoire mais non éliminatoire mis en place pour la première fois cette année par la Faculté de médecine de l’Université de Genève (nos éditions du 15 janvier 2010 ). Sur les 381 inscrits, ils n’étaient plus que 351, le 9 juillet dernier, pour passer le test à Palexpo. Parmi eux, 130 n’ont donc pas satisfait aux exigences de ce questionnaire à choix multiples. A Zurich, Bâle, Berne et Fribourg, des centaines d’autres étudiants passaient la même épreuve. Mais chez eux, elle était éliminatoire.

Impossible à rater

Les recalés genevois ont reçu, le 25 juillet, une lettre les invitant à se présenter à l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC). On y a invité les étudiants confrontés à une note insuffisante à revoir leur rêve de carrière médicale en leur présentant une courbe de leur niveau par rapport aux autres. Une dizaine d’entre eux se sont rendus à l’OFPC. Selon Grégoire Evequoz, directeur général de l’OFPC, cette rencontre permet aux étudiants de découvrir de nouveaux intérêts. Sur place, ils peuvent analyser leur résultat et entreprendre une nouvelle batterie de questions, cette fois-ci plus générales, en vue d’une réorientation vers des études plus accessibles. «Ce test comprend des questions de logique où l’énoncé donne la connaissance. Il est impossible à rater», explique Martine Collard, conseillère aux études et aux premières années de l’Université de Genève (UNIGE). Le questionnaire requiert cependant de la concentration, de la logique ainsi qu’une bonne mémoire. Des qualités essentielles à la réussite d’études universitaires, souligne le doyen de la Faculté de médecine, Jean Louis Carpentier. Pour Grégoire Evequoz, ces tests vont permettre de prédire le niveau et les capacités des futurs étudiants à passer l’examen de première année. Il se base sur les résultats des tests expérimentés sur des étudiants de deuxième année. Reste à attendre les examens de fin d’année pour déterminer si les résultats tombés cet été coïncident.
L’UNIGE n’a jamais caché qu’en instaurant cet examen, elle voulait écrémer les effectifs. Entre 150 et 250 étudiants en médecine redoublent leur première année. A la rentrée, 351 inscrits (moins ceux que le test aura découragés) s’ajouteront aux redoublants. Or, idéalement, le nombre d’étudiants devrait être limité à 220 places. Le doyen affirme être «moins excessif que les Suisses alémaniques car le test n’est pas éliminatoire, le but n’étant pas de limiter le nombre de places mais d’atteindre la capacité d’accueil».

Si le professeur Jean-Louis Carpentier vise une meilleure qualité d’enseignement, le professeur Klaus-Dieter Hänsgen avance d’autres arguments. Le responsable du Centre pour le développement de tests et le diagnostic de l’Université de Fribourg, concepteur du questionnaire, donne des raisons économiques. Un étudiant, rappelle-t-il, ça coûte cher. Selon lui, ceux qui n’ont pas les capacités pour entreprendre ce type d’études perdent leur temps: «Ils ne doivent pas se faire d’illusions car leur intérêt pour la médecine ne peut garantir une réussite. Seules la capacité et l’aptitude sont des facteurs fiables.»
Selon Jean-Louis Carpentier, plusieurs années seront nécessaires afin de déterminer la valeur du test. «Un bilan sur plusieurs années sera nécessaire», dit le professeur. Pour le moment il n’est pas question d’appliquer un numerus clausus.
Au total, seulement 120 élèves seront admis en deuxième année de médecine.
ALINE GROLEY

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