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Pourquoi les médecins genevois doivent soutenir l’initiative sur la mobilité douce

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L’initiative dite «des villes» ou sur la mobilité douce demande que, dans les huit prochaines années, des pistes cyclables continues et sécurisées soient aménagées sur l’ensemble du réseau de routes primaires et secondaires du canton, ainsi que des traversées piétonnes attractives et sécurisées sur ce même réseau. Au niveau politique, malgré le soutien à cette initiative du Conseil d’Etat, celle-ci a été repoussée par une courte majorité au Grand Conseil et sera donc soumise au peuple le 15 mai.

Au-delà des problèmes, auxquels cette initiative veut apporter des réponses, liés à la congestion annoncée du trafic (plus de 40% de déplacements dans la région genevoise en plus d’ici 2025 et en sachant que 50% des déplacements motorisés individuels se font dans un rayon de moins de 5 kilomètres) et au libre choix du transport, deux aspects relatifs à la santé de nos concitoyens doivent retenir l’attention du corps médical.

Premièrement, l’augmentation du nombre de cyclistes a malheureusement entraîné en corollaire une croissance du nombre de cyclistes tués ou gravement blessés. En 2009, il y a eu en Suisse 3346 accidents avec des cyclistes, ayant entraîné 858 blessés graves et 54 décès, un nombre qui a doublé en 10 ans. Un des points importants de cette initiative est donc la demande de sécurisation du réseau, condition nécessaire pour enrayer le nombre d’accidents impliquant des cyclistes.

Deuxièmement, cette initiative, en encourageant la mobilité douce, permettra de lutter contre la sédentarisation galopante de notre société. Or, l’obésité est devenue notre plus important problème de santé publique.

Un des facteurs déterminants expliquant cette pandémie de surcharge pondérale est la diminution de notre activité physique quotidienne. Un transfert pour les trajets de courte durée de la voiture au vélo ou à la marche augmenterait sensiblement la dépense énergétique de nos concitoyens. En outre, une sécurisation des pistes cyclables permettrait à nos seniors, en utilisant par exemple des vélos de type électrique, de maintenir leur mobilité et de retarder la dépendance.

Notre population se doit de vieillir dans la meilleure santé possible, et une augmentation de l’activité physique, et en corollaire la diminution de la surcharge pondérale chez nos aînés, est la meilleure réponse possible au défi que pose le vieillissement de la population à notre système de santé.

Parmi les critiques de cette initiative, la question du coût des aménagements au réseau routier a été soulevée.

La mise en application de cette initiative coûterait 10 millions selon les initiants et 10 fois plus selon ses adversaires. Ces estimations doivent être mises en parallèle avec les coûts médicaux liés aux conséquences de l’obésité, qui s’élèvent à environ 5 milliards par an en Suisse, donc environ 400 millions rien que pour Genève.

Pour la santé de nos concitoyens et la survie de notre système de santé, nous devons nous engager clairement pour toute mesure politique qui permet d’augmenter l’activité physique de nos concitoyens genevois et donc de diminuer leur prise de poids croissante. A l’instar du Conseil de l’AMG, je vous encourage donc à voter OUI et faire voter OUI à cette initiative le 15 mai prochain.
Dr Patrick Saudan, membre du Conseil, député