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«Nous attendons des explications claires»

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Tribune de Genève, tdg.ch
Mardi, 1er novembre 2011

Elus et personnel se mobilisent pour s’opposer à la décision du groupe bâlois

Les élus ne décolèrent pas suite à l’annonce, intervenue mardi dernier, de la suppression de 1080 emplois entre Bâle et Nyon. L’ensemble des parlementaires vaudois se mobilise pour «demander fermement à Novartis de reconsidérer sa décision de fermer son site de Nyon-Prangins afin de sauvegarder tous les emplois concernés». L’unanimité dans les rangs politiques vaudois donne au conseiller d’Etat Philippe Leuba, chef par intérim du Département de l’économie, une arme supplémentaire dans les négociations avec Novartis.
Les Genevois ne restent pas insensibles au choc provoqué par Novartis. «Nous attendons aussi des explications claires de la part de Novartis», réagit Pierre-François Unger, conseiller d’Etat en charge de l’Economie, avant d’ajouter: «Cette manière de procéder est très choquante. Je ne vois pas ce que cherchent à obtenir les chefs d’entreprises qui agissent de la sorte, sauf à se faire détester pendant un long moment.» Le magistrat genevois est d’autant plus étonné qu’il souligne «la forte performance du bassin lémanique dans le domaine des sciences de la vie». Selon le groupe bâlois, 125 de ses employés résident à Genève.
En charge des Affaires économiques du canton de Bâle-Ville, le conseiller d’Etat Christoph Brutschin attend aussi, pour sa part, «des explications détaillées» de la part de Joe Jimenez, CEO du groupe Novartis, qu’il doit rencontrer cette semaine encore. «Nous sommes très déçus par cette annonce et nous allons demander à Novartis d’étudier toutes les possibilités de mises en retraite anticipée ou de reclassements au sein des autres sites du groupe, afin de diminuer le nombre de personnes touchées par cette restructuration», précise le magistrat bâlois. Christoph Brutschin comprend que l’arrêt de production de certains médicaments puisse déboucher sur de telles mesures, mais il considère que les explications de Novartis restent floues, en particulier dans le domaine de la recherche et du développement. Il rappelle aussi que, sur le plan fiscal, les entreprises bénéficient à Bâle d’une baisse des taxes sur le bénéfice, qui sont passées de 24,5% à 20% et pourraient même diminuer à 18%.
Quant au syndic de Nyon Daniel Rossellat, il ne comprend pas que le géant abandonne un site aussi dynamique: «En août, le directeur local nous a assuré que les résultats étaient bons malgré le franc fort. On assiste au démantèlement d’un outil performant.»
Enfin, à l’invitation du syndicat Unia, le personnel de Novartis s’est réuni en assemblée générale hier après-midi. «Je ne m’attendais pas à une telle mobilisation, s’est réjoui Yves Defferrard, secrétaire syndical. Tous les salariés sans exception, y compris ceux dont l’emploi ne serait pas supprimé, et même les cadres, contestent la fermeture du site». Unia a eu la confirmation que la décision de Novartis a été prise sur la base d’un rapport de consultants: «Nous allons démontrer que leurs arguments ne sont pas valables. Mais il faut que Novartis nous livre ce rapport. Si on ne peut pas se défendre sur ce terrain, on se battra jusqu’à faire grève. Les salariés sont déterminés».
Roland Rossier avec Raphaël Ebinger et Yves Merz Ebinger et Yves Merz

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