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Les médecins de famille pour les réseaux de soins

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Le Courrier, Genève lecourrier.ch
Mardi, 8 novembre 2011

ASSURANCE-MALADIELes généralistes ne suivent pas le référendum lancé par la FMH.

Nouveau signe que la Fédération des médecins suisses (la FMH) est devenue une organisation regroupant sous un même toit des groupes d’intérêts divergents: l’association des Médecins de famille Suisse ne suit pas la FMH dans son référendum contre les réseaux de soins intégrés.
«Ces réseaux, tels qu’ils ont été définis dans la loi, répondent aux principales revendications que nous avions émises», explique François Héritier, vice-président des Médecins de famille. Ceux-ci, réunis en assemblée des délégués la semaine dernière, ont refusé – à trois contre un – le référendum lancé par la FMH contre cette loi. A la fin de l’été, la FMH avait organisé un vote interne à propos de ces réseaux avant même que le parlement n’ait achevé ses travaux sur la loi. Résultat: environ 10000 médecins pour le lancement d’un référendum, 5000 contre. Principaux arguments des référendaires: un assuré qui entre dans un réseau sera soigné par les médecins qui en font partie: son choix est donc limité. En outre, un réseau s’engage à respecter un budget annuel fixé avec les assureurs: il y a risque de rationnement des soins.

 «Ce sont des arguments émotionnels », critique François Héritier, médecin à Courfaivre (JU).
Il rappelle que, pour les généralistes, trois points-clés ont été ancrés dans la loi. D’abord, le remboursement des prestations fera l’objet de véritables contrats négociés entre les assureurs intéressés à travailler avec un réseau et l’ensemble des médecins qui le composent.

Ensuite, les assureurs n’ont pas le droit de créer un réseau: seuls des médecins peuvent se grouper pour le faire, selon leurs critères (médicaux et non économiques). Enfin, ajoute François Héritier, le système de compensation des risques entre caisses est, cette fois, suffisamment complet pour empêcher la «chasse aux bons risques» de la part des assureurs. Les délégués des Médecins de famille Suisse, représentant environ 6000 généralistes et pédiatres, ont donc apporté à 75% leur soutien à la loi votée en septembre au parlement.
Vont-ils faire campagne pour ce texte, contre le référendum de la FMH, leur organisation fâitière? «Nous devons rester cohérents et soutenir activement les réseaux», estime le médecin jurassien. A ses yeux, l’appui majoritaire de la FMH au référendum provient en particulier de spécialistes (chirurgiens, otorhinos, psychiatres) qui ne défendent «pas tout à fait les mêmes intérêts que les médecins de famille».

Si le référendum aboutit (50 000 signatures déposées en janvier), le peuple pourrait se prononcer en juin. La FMH a le soutien (plutôt discret) de syndicats, mais pas des organisations de patients.
LA LIBERTÉ
FRANÇOIS NUSSBAUM

 

RÉFÉRENDUM SOUTENU PAR LES PSYCHIATRES

La Fédération suisse des médecins psychiatres-psychothérapeutes (FMPP) soutient le référendum contre les réseaux de soins intégrés. Pour les psychiatres, le «managed care» empêche le libre choix d’un spécialiste en psychothérapie, ce qui n’est pas dans l’intérêt des patients. Le projet exige un large échange de données entre les différents médecins et thérapeutes d’un réseau, a communiqué hier la fédération. Or la protection des données est d’une «importance cruciale pour les personnes atteintes dans leur santé psychique». Les psychiatres craignent de surcroît qu’après la réforme prévue, les maladies psychiques ne soient plus traitées de manière adéquate pour des raisons financières.
ATS

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