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Houhou! Il y a quelqu’un?

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Samedi, 12 novembre 2011

Editorial

Ils sont bouchés, ou quoi, à Bâle?  C’est dingue, on a beau crier, hurler, manifester, lancer des pétitions, brandir des menaces de boycott, rien n’y fait. Le désespoir des 320 employés du site de production de Prangins ne parvient pas jusqu’aux oreilles de la direction de Novartis. Ils ne fabriquent pas d’appareils contre les problèmes d’audition chez le géant pharmaceutique? Visiblement non. Et pas davantage de pilule qui favoriserait le plus élémentaire bon sens.

Dix-neuf jours après l’annonce brutale  de la fermeture du site vaudois, aucun des grands pontes n’a pris la peine de venir sur place. Pire, ce sont des Américains qui ont été envoyés après coup pour expliquer, en anglais s’il vous plaît, aux braves et dévoués employés vaudois, que malgré les résultats positifs leur site devait être fermé.

En matière de communication,  on a déjà vu mieux. S’il est vrai qu’au fond une entreprise privée mène ses affaires comme bon lui semble, ceux qui la dirigent ne devraient jamais oublier que sans leurs employés, ils ne sont rien. Traverser la Sarine pour informer et expliquer yeux dans les yeux une mesure forcément incompréhensible aurait été la moindre des choses qu’on puisse attendre d’une direction responsable.

Malheureusement  pour MM. Jimenez (CEO), Vasella (président du conseil d’administration) et Zust (directeur Novartis Suisse), il n’existe aucun remède contre l’arrogance.

NOUS AVONS ETE BERNES PAR NOVARTIS

Unia et la délégation du personnel de Novartis-Nyon ont lancé hier un ultimatum à Joe Jimenez, le patron de la pharma bâloise. Soit le directeur général se décide à négocier directement avec eux dès la semaine prochaine, soit ils se réservent le droit de passer à la vitesse supérieure: débraiements et même une grève générale ne sont plus exclus.
Pris dans la tourmente, un couple d’ouvriers suisses domicilié en France voisine que «Le Matin» a suivi pendant une semaine voit son univers s’écrouler. Florian Daguet, 45 ans, et Corinne Charrière, 38 ans, tous deux conducteurs de ligne, ont déjà passé respectivement 16 et 14 ans au service de Novartis-Nyon. «Nous avons été bernés, affirme Florian. La direction nous assurait que tout allait pour le mieux, nous avons contracté des dettes pour acheter une maison et maintenant, nous ne savons pas de quoi l’avenir sera fait.» Florian n’a pas de formation particulière. Corinne a bien un passé de dessinatrice en bâtiment derrière elle, mais elle n’a pas fait le pas de l’informatique. «De toute façon, nous ne voulons pas chercher un autre travail actuellement. Nous espérons que le syndicat réussira, comme il l’a fait par le passé avec Bombardier, à persuader la direction de Novartis de maintenir le site de Nyon.»
Le couple syndiqué récolte des signatures pour une pétition et va participer aujourd’hui à la grande manifestation qui se tient à Nyon: «J’ai l’impression de vivre un cauchemar, dit encore Corinne, mais nous n’avons pas l’intention de baisser les bras.»
Victor Fingal

 

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