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On meurt plus tard, rattrapé par la démence

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Tribune de Genève, tdg.ch
Vendredi, 25 novembre 2011

Les maladies cardiovasculaires et les cancers sont les principales causes de mortalité. Mais les démences ont doublé en dix ans

La mort sera-t-elle bientôt une possibilité comme une autre de finir sa vie? On pourrait presque le croire à la lecture des dernières statistiques des décès en Suisse, publiées hier. «La probabilité de décéder a nettement diminué dans tous les groupes d’âge», écrivent les spécialistes. En fait, on meurt de plus en plus vieux dans notre pays et la courbe n’est pas près de s’infléchir.
L’âge moyen du décès continue de grimper. En 2009, il s’établissait à 74,4 ans chez les hommes et 81,2 ans chez les femmes. L’explication est des plus simples, affirme Christoph Junker, responsable de la section santé de la population à l’Office fédéral de la statistique: «L’état général de santé de la population continue de s’améliorer. Il y a l’amélioration des traitements, mais aussi les efforts qui ont été faits en matière de prévention. Le sport s’est généralisé, la population reste très active très longtemps. L’espérance de vie continue donc de s’élever, les démographes ne prévoient pas de fléchissement avant longtemps.»
On vit plus vieux, donc, mais on continue de mourir des mêmes maux. Depuis la quasi-disparaition des maladies infectieuses, les maladies cardiovasculaires restent la première cause de décès et représentent 36% des 62 476 décès enregistrés en 2009. Cependant, ces maladies sont en reflux. En dix ans, le taux de mortalité a fléchi de 218 à 151 décès pour 100 000 habitants (–31%).
Les cancers restent la deuxième cause de mortalité en Suisse, avec 26% des décès. Comme pour les maladies cardio-vasculaires, on constate une diminution de 11% du taux de mortalité sur dix ans. Le cancer du poumon est, de loin, le plus mortel: il a provoqué près de 3000 décès en 2009, soit deux fois plus que le cancer du sein (1451 décès) et le cancer de la prostate (1277 décès).
Beaucoup plus récent, en revanche, c’est l’explosion du nombre de décès dus aux différentes formes de démences. En 2009, on a enregistré plus de 4700 personnes décédées des conséquences de cette affection, c’est deux fois plus qu’il y a dix ans. Les démences sont désormais la troisième cause de mortalité en Suisse. Deux explications au phénomène: d’abord le vieillissement de la population – «c’est une maladie qui frappe le grand âge, au-delà de 80, voire 90 ans», note Christoph Junker – et ensuite l’amélioration des diagnostics.
Presque aussi mortelles que les démences, on trouve au quatrième rang des causes de mortalité les maladies respiratoires, qui ont provoqué quelque 4100 décès en 2009. Des affections qui sont en nette augmentation, elles aussi, depuis dix ans, tout particulièrement auprès des femmes. Le nombre de décès causés par une bronchite chronique a augmenté de 28% chez les femmes, alors qu’il a reculé de 12% chez les hommes en dix ans. La cause: la fumée. «Le nombre de fumeurs a reculé en Suisse, mais aujourd’hui, ce sont les fumeurs d’il y a trente ans qui meurent. Il faudra encore attendre avant de voir les décès liés au tabac refluer», conclut Christoph Junker.
Judith Mayencourt

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