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LE SANG, LA SUEUR DES HÉROS

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Mardi, 29 novembre 2011

HÉMOGLOBINE   A quelques jours de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le livre «Le sang» revient  sur la relation de ce liquide vital avec l’humanité. 

Jeudi 1er décembre, c’est la Journée mondiale de lutte contre le sida. Apparue à la fin des années 1970, l’épidémie causée par le virus de l’immunodéficience humaine, le VIH, est l’une des plus grandes tragédies humaines de ces trente dernières années. Identifiée pour la première en 1981, la nouvelle maladie présentant un déficit immunitaire touchait essentiellement des homosexuels dans un premier temps, avant de devenir une véritable catastrophe humanitaire. 

Légendes urbaines

Contrairement à certaines idées reçues, on meurt encore du sida en 2011. Moins chez nous, où la recherche et les différentes thérapies se sont considérablement développées au cours des ans, mais en Afrique par exemple, l’hécatombe demeure dramatique. Rien qu’au Cameroun, le sida a fait 33 000 victimes en 2010. Et 570 000 personnes sont séropositives en 2011, révélait hier le ministre de la Santé publique André Mama Fouda. Plus près de chez nous, une enquête sociologique menée en France voisine en 2010 sur «les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH» conduite par l’Observatoire régional de santé, révélait également hier des statistiques surprenantes à propos du sida. Les premiers résultats montrent que les clichés ont la peau dure. Parmi les 25 000 personnes interrogées, 21% continuent de penser que le virus peut se transmettre par une piqûre de moustique, 13% dans les toilettes publiques et 6% en buvant dans le verre d’une personne porteuse du virus. Pourtant, outre les rapports sexuels non protégés, son rapport le plus intime, le sida l’entretient avec le sang. En plus des chapitres concernant les liens du sang avec le cinéma, la spiritualité et le sang bleu, l’ouvrage «Le sang, arts, sciences, vie» paru jeudi passé aux Editions Favre revient sur l’impact tragique du sida sur la médecine. «Le sida a marqué l’histoire de la science, de la médecine et de l’humanité de façon indélébile», explique Jean-Daniel Tissot, directeur du Service régional vaudois de transfusion sanguine et coauteur du livre.
«Je voulais aborder le sang de manière différente, sortir des éléments purement polémiques, même si nécessaires pour informer correctement la population. Le sang véhicule beaucoup de vie et de mort. Il a toujours été associé à ces deux extrêmes de la vie, qui sont la naissance et la mort, avec les hémorragies par exemple. Et, surtout, le sida. Un véritable drame de la médecine transfusionnelle.»

L’amour, le sexe et le sang

Atroce paradoxe de la transfusion du sang censée sauver des vies, le virus du VIH inversait brusquement la donne. Tout à coup, le sang devenait meurtrier. «Toutes les personnes impliquées dans la chaîne transfusionnelle ont pris un énorme coup. Les gens perdaient leurs valeurs. Cela a été un énorme travail de retrouver du sens à ce que l’on faisait», se souvient Jean-Daniel Tissot, avant de conclure sur une note positive: «Aujourd’hui, on peut dire que le risque d’attraper le HIV par transfusion est quasi nul. Ce chapitre fait désormais partie de l’histoire.»
ALEXANDRE LANZ

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