< | >

Tarifs médicaux à Genève

Cet article a plus d'un an, les informations pourraient être perimées. Merci d'en tenir compte.

Un communiqué de l’AMG

La valeur de point TARMED détermine le prix des prestations médicales remboursées par l’assurance-maladie obligatoire. En confirmant, lors de sa séance du 21 février 2012, la valeur de 96 cts en vigueur depuis 2006, le Conseil d’Etat genevois rend un jugement de Salomon si tant est qu’il ne peut diverger fortement de la voie suivie par les autres cantons suisses. Il convient de rappeler que les résidents genevois qui se feraient soigner chez un médecin vaudois n’y seront pas entièrement remboursés puisque ce canton applique une valeur de 98 cts. D’autre part, plusieurs cantons appliquent, à la différence de Genève, des valeurs différentes pour les médecins indépendants, les hôpitaux publics et les hôpitaux privés, ce qui signifie que les prix des prestations y sont différents.

La décision du Conseil d’Etat confirme la politique fédérale qui consiste à faire supporter aux soignants, notamment médecins et établissements de soins, une part importante de l’augmentation des coûts de la santé dans le domaine ambulatoire, alors que cette augmentation relève d’une croissance des besoins. Ainsi, les prix appliqués pour une même consultation ne sont pas adaptés au renchérissement, ceci depuis plus de vingt ans, contrairement à ce que l’on peut observer pour les émoluments de l’administration ou les tarifs des transports publics.

Cette pression économique n’est plus supportable et elle aboutira à la disparition progressive des cabinets médicaux indépendants devenus incapables d’assumer des charges qui ne cessent de croître. Ils feront place à des centres de soins optimisés, peu personnalisés, et contraints de travailler plus superficiellement, parfois même avec des médecins fuyant des pays où les conditions de travail sont bien plus mauvaises.

L’AMG dénonce et combat l’orientation de la politique de la santé en Suisse qui ne fait que suivre celle de nombreux autres pays avec le résultat que l’on connaît. Les efforts consentis en faveur de la qualité des soins seront inutiles si ces soins ne peuvent être fournis faute d’un financement adéquat. L’AMG le regrette, mais dans ce cas, elle ne peut que prendre acte des décisions de l’autorité.