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Face-à-face : pour ou contre les réseaux de soins ?

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Mardi, 22 mai 2012

Le ton de la campagne en vue de la votation fédérale du 17 juin sur le managed care est monté d’un cran ce week-end.
Cette modification de la LaMal vise à privilégier le modèle des réseaux de soins. Elle divise presque tous les partis. Jacques de Haller et Jean-François Steiert en débattent.

Quels intérêts défend le managed care ?
J. de H.  «Le managed care en lui-même défend la qualité et la coordination des soins. Mais le projet de loi fait clairement le jeu des assureurs maladie, tandis que les assurés perdent une partie de leur liberté, celle de choisir leur médecin.»

J.-F. S.  «D’abord la qualité. Les réseaux de soins se développent. Notre intérêt est d’assurer qu’ils soient de bonne qualité. J’aimerais éviter certains types de modèles qui peuvent conduire à des rationnements des soins. La nouvelle loi permet d’intervenir.»

Le libre choix du médecin est-il fondamental ?
J. de H.  «Concrètement, la question du libre choix est complètement centrale dans la relation patient-soignant, et dans la qualité de la médecine prodiguée. On ne peut pas imaginer qu’un employé de caisse maladie dise à un assuré quel médecin il doit choisir, pour telle ou telle raison. C’est absolument essentiel.»

J.-F. S.  «Il est important, mais qu’entend-on par libre choix du médecin? Aujourd’hui, une famille genevoise paie environ 90 fr. par mois et par personne si elle veut garder le libre choix et renonce à un modèle HMO. Donc parler de mort du libre choix pour un montant dix fois plus petit n’est peut-être pas le bon combat.»

Pourquoi la campagne divise-t-elle autant ?
J. de H.  «Elle divise parce qu’on évolue dans une tension entre la base et les élus. Le Parlement fédéral avait si peur que le système ne soit plus gérable, il avait tant envie de réguler, qu’il est arrivé à un projet de loi qui ne permet même plus de choisir son médecin. La base, la population l’a bien saisi.»

J.-F. S.  «Je pense que la loi est complexe, on y a mis beaucoup de choses. En tant que groupe de patients, nous voyons les bons côtés mais aussi les mauvais. Je pense toutefois que nous avons vraiment besoin d’un outil pour empêcher les modèles qui vont vers plus de rationnement des soins.»

En cas de non le 17 juin, quel plan B ?
J. de H.  «Nous sommes prêts. C’est notre plan A. Il faudra reprendre le texte de loi en l’expurgeant de tout ce qui aura provoqué le refus du peuple, notamment la perte du libre choix du médecin. Il n’y aura ainsi plus de référendum et la révision sera approuvée.»

J.-F. S.  «Ça va être difficile d’en trouver un, parce que le paquet actuel est déjà un compromis. Penser qu’on peut prendre quelques éléments incontestés et en faire un paquet plus léger est sans doute une erreur. C’est aussi sous-estimer le poids de certains grands assureurs.»
PROPOS RECUEILLIS PAR LISE BAILAT 

 

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