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17 juin 2012: la victoire du souverain

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Le net et massif refus du Managed Care par les Suisses a montré de façon magistrale l’abîme considérable qui sépare les parlementaires fédéraux, ainsi que nos autorités cantonales, des citoyens et citoyennes en matière de santé.

Des chiffres imposants, 76% des Suisses, 99,23% des communes suisses en faveur du NON, 86,6% des Genevois, 91,2% des Vaudois, des partis politiques romands rarement aussi unanimes, excepté le PLR genevois… Bref, un plébiscite en faveur du libre choix du médecin, pour la deuxième fois et, aussi nettement qu’en 2008, un refus des contraintes, des risques de rationnement et d’une médecine à deux vitesses. Les Suisses se sont exprimés en toute connaissance et en parfaite homogénéité.

Je profite de ces quelques lignes pour remercier particulièrement le Conseil de l’AMG, son Bureau et la délégation genevoise à la Chambre médicale de la FMH.

Depuis deux ans (Chambre médicale de mai 2010, Lettre de l’AMG de mars 2011, votation générale de la FMH, référendum et campagne de votation), la ligne suivie a toujours été conservée: la défense du libre choix du médecin, de la diversité des soins dans laquelle les réseaux de soins ont parfaitement leur place, le refus du Managed Care généralisé et forcé. Deux années à défendre les mêmes idées, avec conviction, soulignées par un vote clair.

Le texte de loi, à force de compromis, est devenu inacceptable pour une très large majorité de citoyens, malgré sept années de travail parlementaire. Une loi qui devait facilement imposer un nouveau système de santé. Une poignée de docteurs ont su dire NON, rapidement appuyés et relayés par plusieurs associations médicales, dont l’AMG. Un vote de la base a été proposé. C’est là la leçon démocratique : le référendum a permis au souverain de s’exprimer en toute conscience. C’est primordial.

D’autres dossiers nous attendent: la juste et nécessaire revalorisation de la médecine de famille où le Masterplan proposé par Alain Berset sera suivi attentivement en espérant qu’il saura unir plutôt que séparer l’ensemble des médecins, ou encore le soutien fort et indispensable aux formations universitaires en médecine de premier recours ; la caisse unique ou publique avec un pouvoir décisionnel cantonal avec en toile de fond notre initiative pour la transparence qui sera finalement déposée à Berne sous la forme d’une pétition; le retour éventuel d’un moratoire médical avec une gestion cantonale; le financement hospitalier et ses conséquences pour les assurés, … Les dossiers chauds ne manqueront pas. Nous ne saurons oublier la leçon démocratique du 17 juin: le vote de la base et la victoire du souverain.

Un immense merci à chacun d’entre vous pour votre soutien quotidien et vos actions, avec un cordial merci aux docteurs Didier Châtelain, Jean-Pierre Grillet, Florence Emery Montant, Joachim Karsegard et Bertrand Buchs ainsi qu’à notre président qui a su, en août 2010, sonder les membres de l’AMG: nous étions alors 84,3% à déjà vouloir soutenir un référendum en cas de passage de la loi Managed Care.

Le vote de la base, là réside notre force.
Michel Matter, Président du Comité référendaire, «Libre choix du médecin pour tous»