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Un plan B trop compliqué

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Jeudi, 11 septembre 2012

Editorial

Alain Berset est homme de compromis.  Le plan B du conseiller fédéral à la caisse maladie publique en est la preuve. Alain Berset propose de rendre la concurrence entre assureurs moins perverse. Il sort une idée de son nouveau chapeau de ministre: faire un pot commun avec une mise de base de tous les assureurs pour prendre en charge les cas les plus lourds, ces 10% d’assurés qui engendrent 70% des coûts.

Mais le compromis est déjà attaqué,  à peine sorti de sa boîte. A droite, on parle de fausses bonnes idées et on craint une régulation excessive de la concurrence entre assureurs. Il est encore étonnant à ce titre que le Conseil fédéral, à majorité de droite, ait adoubé le contre-projet d’Alain Berset si facilement. Peut-être que certains dormaient lors de la séance d’hier.

A gauche, ce compromis a plus d’amis.  Mais le plan à Berset est quand même jugé compliqué, ses conséquences administratives lourdes. Et rien ne vaudra jamais la bonne vieille caisse maladie publique pour les camarades.

Avec autant de blocages , il faut craindre que le projet se voie  transformé en réformettes. Et le porte-monnaie des assurés restera définitivement léger. Un compromis ne sert donc à rien aujourd’hui. Il est temps de voter sur la caisse maladie publique. Le citoyen décidera alors s’il veut changer le moteur du système, ou si améliorer la mécanique lui suffit. Ensuite seulement, le dogme pourra faire place au pragmatisme. 

MAILLARD DEVIENT L’ALLIÉ DE BERSET!

SANTÉ  Alain Berset a dévoilé son projet pour contrer l’initiative pour une caisse publique. Son ancien rival Pierre-Yves Maillard salue des idées «utiles».  

Les choses sérieuses commencent pour le conseiller fédéral Alain Berset. Et face à l’Everest que représente le dossier santé, il peut compter sur un coup de pouce inattendu de son ancien challenger vaudois, Pierre-Yves Maillard! Le ministre Alain Berset a en effet présenté hier son contre-projet indirect à l’initiative de la gauche «pour une caisse publique d’assurance-maladie», initiative que le Conseil fédéral rejette.

«Un problème technique réglé»

Ce que propose Alain Berset? Cela tient en trois axes (voir ci-dessous). Pas d’illusion toutefois pour ceux qui rêvent de voir leurs primes baisser: pour le Fribourgeois, ce projet n’a pas vocation de soulager le porte-monnaie des assurés en limitant la hausse des coûts de la santé. II a d’autres vues: «Ce que j’en attends? Davantage de transparence, une diminution de la sélection des risques et des primes moins disparates», résume-t-il.
Les réactions des partisans de la caisse publique ont fusé: cela ne règle en rien cette «pseudo-concurrence hors de prix». Mais, surprise, d’habitude peu tendre envers son ancien concurrent dans la course au Conseil fédéral, le conseiller d’Etat vaudois Pierre-Yves Maillard, membre du comité pour une caisse publique, est cette fois-ci satisfait des bases posées par Alain Berset.
«Ce contre-projet n’est pas anodin. Il apporte des réponses significatives, et, surtout, le constat que le système doit être réformé en profondeur. C’est la première fois que j’entends cela de la part du Conseil fédéral depuis 1996.» Et Pierre-Yves Maillard y verrait un avantage majeur: «Avec l’institution de réassurance, on atteindrait un objectif important de l’initiative. Je rappelle que 10% des assurés génèrent 70% des coûts», estime-t-il. Mais alors, qu’est-ce qui plaide encore en faveur d’une caisse publique? «L’initiative est plus simple, plus propre, plus efficace. Mais ce projet d’Alain Berset va dans le sens d’une logique de compromis. Si on tient compte des chances d’avoir une vraie réforme dans un délai pas trop long, ce contre-projet est utile à la discussion», conclut Pierre-Yves Maillard.

Moins seul dans la tempête

Voilà un allié inattendu qui pourrait profiter à Alain Berset face à ses propres rangs. D’autant plus qu’il ne pourra visiblement pas compter sur la droite pour aller le soutenir. A chaud, le conseiller national Guy Parmelin (UDC/VD) se montre très sceptique. «Ces propositions ne vont pas aller vers plus d’efficacité ni améliorer la prise en charge des cas», assène-t-il.
lise.bailat@lematin.ch
● LISE BAILAT

 

 

 

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