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Les physios veulent être mieux payés

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Tribune de Genève, tdg.ch 
Mardi, 4 décembre 2012

Le coût des prestations  n’a pas été réévalué depuis quatorze ans. L’Etat arbitre les négociations entre soignants et assureurs

Dans leur combat pour être mieux payés, les physiothérapeutes genevois ont obtenu une première victoire à la mi-novembre. Le Grand Conseil a soutenu à l’unanimité une motion invitant le Conseil d’Etat à empoigner le problème et à trancher le différend qui oppose la profession aux assureurs.
«Le Grand Conseil a donné un signe clair de soutien aux physiothérapeutes», se félicite l’auteure de la motion, la députée PLR Nathalie Fontanet, qui souligne que la motion a été acceptée en urgence et adoptée à l’unanimité. Argument principal: le coût des prestations n’a pas été réévalué depuis quatorze ans. «Or, les charges n’ont fait qu’augmenter depuis», relève Edmund Biason, président de l’Association genevoise de physiothérapie.
Des négociations avec les assureurs ont bien eu lieu, mais elles ont tourné court. A tel point qu’en décembre 2009, Physioswiss, qui représente environ 8500 physiothérapeutes suisses, a résilié la convention tarifaire qui la liait à santésuisse, l’association faîtière des assureurs maladie. Avant de faire appel au Conseil fédéral, qui a renvoyé le dossier aux cantons.

A Genève, la balle est désormais dans le camp du Conseil d’Etat, qui jouera un rôle d’arbitre.
D’un côté, les physiothérapeutes demandent d’appliquer un calcul effectué par le Conseil fédéral en 1998, qui tient compte de l’évolution des loyers et des salaires. Selon ce procédé, la valeur du point tarifaire, aujourd’hui fixée à 99 centimes, devrait s’élever à 1 fr. 22. Soit une augmentation de 17%. «Si on ne revalorise pas notre métier, la qualité risque d’être sacrifiée et les jeunes vont se désintéresser de la profession», plaide Edmund Biason.
De l’autre côté, les assureurs ne l’entendent pas de cette oreille. «Les taux d’intérêt ont baissé pendant la même période, fait valoir Anne Durrer, porte-parole de santésuisse. Depuis 1998, en Suisse, on a assisté à une croissance de 60% de la physiothérapie ambulatoire, signe que la profession reste attractive.» Anne Durrer ajoute que les coûts par patient ont augmenté de 10% entre 2006 et 2010. Enfin, «si on acceptait les revendications de Physioswiss, cela coûterait 100 millions de francs par an, répercutés sur les primes d’assurance maladie.»
Le conseiller d’Etat genevois responsable de la Santé a invité les parties à une séance de conciliation. Si aucun accord n’est trouvé, le Conseil d’Etat fixera une valeur de point, contre laquelle chacun pourra recourir au Tribunal administratif fédéral.
Sophie Davaris

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